Le grand chef de Wendake, Konrad Sioui, propose de créer un «pacte fiscal» avec les gouvernements provincial et fédéral, à l'image du casino sur la réserve de Rama, en Ontario.

Casino autochtone: Wendake «incontournable», clame Sioui

Le grand chef de Wendake se montre déjà intéressé à accueillir un casino sur ses terres si les gouvernements fédéral et provincial prêtent l'oreille à la demande de l'Assemblée des Premières Nations. Qu'importe la présence d'un casino dans Charlevoix, le site des Hurons-Wendat est «incontournable», clame Konrad Sioui.
L'idée que les communautés autochtones du Québec obtiennent leur propre casino a fait surface la semaine dernière. Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, a profité de la campagne électorale provinciale pour relancer cette proposition, qui sera soumise aux discussions de la prochaine rencontre des chefs autochtones en juin.
Les chefs des Premières Nations devront alors se prononcer sur le scénario d'un casino qui appartiendrait aux autochtones et dont les revenus seraient destinés aux communautés membres de l'APNQL.
Ghislain Picard a évoqué le modèle de casinos autochtones aux États-Unis et a souligné qu'il s'agirait de la première expérience dans la province.
«Pacte fiscal»
Le grand chef de Wendake, Konrad Sioui, propose quant à lui de créer un «pacte fiscal» avec les gouvernements provincial et fédéral, à l'image du casino sur la réserve de Rama, en Ontario.
«Ça élimine toute la rapace, des gens qui voudraient rôder autour de notre initiative. Parce que quand les autres gouvernements sont impliqués, ça ne les attire pas. On veut que ce soit propre, clair, imputable, avec de la reddition de comptes et de la transparence», soutient-il.
Wendake sera «incontournable» si le projet voit le jour, insiste son grand chef. «On ne dit pas qu'on va être l'endroit privilégié, il y a peut-être d'autres nations qui ont des idées différentes. Mais il reste que Wendake est difficilement contournable», dit-il, en faisant allusion au «développement économique majeur» des dernières années et aux infrastructures touristiques dont le territoire au nord de Québec s'est doté depuis 2008.
M. Sioui précise que les Hurons-Wendat seront consultés avant d'aller plus loin. «C'est au stade de la discussion. On n'a pas de maquette, de plan de fait.»
Ghislain Picard, de l'APNQL, estimait la semaine dernière qu'il faudrait considérer les sites où Loto-Québec exploite déjà des casinos au moment de choisir l'emplacement d'un éventuel casino autochtone. Konrad Sioui croit pour sa part qu'«il peut y en avoir un à Charlevoix et en avoir un à Wendake. Je ne pense pas que ça peut avoir des conséquences désastreuses, au contraire même.»
M. Sioui conclut qu'un casino, où qu'il soit, permettra aux nations autochtones de se défaire de la dépendance envers les fonds du gouvernement fédéral, et de «se donner les meilleurs services» grâce à des revenus autonomes.