Être rétrogradé n’est pas une rareté

Plus de la moitié des gestionnaires des ressources humaines canadiens ont affirmé que leur entreprise avait rétrogradé un employé. C’est ce que dévoile un sondage réalisé par OfficeTeam. Faits saillants.

Les chiffres ont de quoi surprendre. Dans ce sondage mené par le cabinet de dotation OfficeTeam, plus de la moitié des gestionnaires des ressources humaines interrogés (58 %) disent avoir été témoins de la rétrogradation à un échelon de carrière inférieur d’un employé au sein de leur entreprise. Les hommes âgés de 35 à 54 ans sont les plus touchés par ces rétrogradations, auxquelles ils se soumettent non sans y laisser quelques plumes : l’étude révèle aussi que la plupart expérimentent par la suite une démotivation importante et que nombre d’entre eux démissionnent après quelques semaines.

Pourquoi ces rétrogradations?

Problèmes de comportement? Fautes graves commises par l’employé? En fait, plus de la moitié (52 %) des rétrogradations sont le résultat d’un «rendement insatisfaisant», selon cette étude menée auprès de plus de 300 gestionnaires des RH de sociétés canadiennes et auprès de plus de 1000 employés de bureaux canadiens. Plus surprenant encore, de nombreuses rétrogradations sont «volontaires», comme l’ont indiqué 20 % des répondants.

Dans 16 % des cas, les rétrogradations sont plutôt la conséquence d’une restructuration organisationnelle ou d’une abolition de poste. D’autres employés sont invités à retourner à une échelle hiérarchique inférieure après avoir été promus et ne pas avoir réussi à atteindre les objectifs de leur nouveau rôle.

Le sondage conclut aussi que «11 % des hommes ont été rétrogradés par rapport à 8 % des femmes» et que «les employés âgés de 35 à 54 ans (10 %) ont été rétrogradés à des postes inférieurs plus souvent que ceux qui sont âgés de 18 à 34 ans (9 %) et de 55 ans et plus (7 %).» Les rétrogradations semblent également plus fréquentes dans les très grosses entreprises, par exemple celles embauchant plus de 1000 employés.

Dans tous les cas, les conséquences néfastes ne tardent pas à se manifester. Les auteurs de l’étude soulignent que «bien que 52 % des professionnels qui ont été rétrogradés à un poste inférieur aient essayé d’accueillir la nouvelle avec dignité, 40 % ont été contrariés et ont perdu intérêt dans leur travail, alors que 18 % ont démissionné.»

Une occasion de rebondir

Aux employés masculins qui ont démissionné en réaction à leur rétrogradation (23 %) et à ceux qui sont âgés de 18 à 34 ans (28 %) ayant aussi choisi de quitter leur emploi, les spécialistes des ressources humaines auraient plutôt suggéré d’en profiter pour se perfectionner et se redynamiser, pavant la route à un nouveau départ.

«Quelles que soient les difficultés associées au fait de se faire rétrograder à un poste inférieur, cela peut également représenter une occasion pour les travailleurs de réévaluer leurs objectifs de carrière, affirme Koula Vasilopoulos, présidente de district d’OfficeTeam. En comprenant les motifs de la rétrogradation et en mettant l’accent sur la croissance et le perfectionnement professionnels, les employés peuvent trouver une plus grande satisfaction au travail et mieux se positionner aux fins d’avancement à l’avenir.»

De sages paroles à méditer.

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