Le promoteur Jean-Guy Turcotte promettait des revenus de taxes de 300 000 $ à la Ville de Lévis en 2014, mais des imprévus ont retardé l'arrivée de gros joueurs comme Costco et Latulippe à la tête des ponts.

Carrefour Saint-Romuald: pas un sou de taxes à Lévis en 2014

Le promoteur du Carrefour Saint-Romuald n'a pas l'intention de verser un sou à la Ville de Lévis pour compenser les revenus en taxes qu'il s'était engagé à fournir en 2014, mais qui ne se sont pas concrétisés.
L'actionnaire principal de Placements D.T., Jean-Guy Turcotte, a indiqué au Soleil qu'il ne verserait «pas une cenne» à la Ville de Lévis en 2014. Son entreprise a pourtant signé en 2011 une entente qui assurait à la municipalité des entrées de taxes foncières régulières à partir de 2014 et qui doivent atteindre 1,6 million $ à compter de 2019.
Pour 2014, les revenus de taxes promis étaient de 300 000 $. Or, plusieurs imprévus ont retardé l'arrivée des gros joueurs comme Costco et Latulippe, qui devaient s'établir sur les terrains à la tête des ponts. L'entente prévoit qu'au cas où les revenus ne sont pas au rendez-vous, le promoteur s'engage à payer une pénalité équivalente aux sommes non versées.
Dans Le Soleil de mardi, la directrice générale adjointe au développement durable de Lévis, Marie-Lise Côté, disait vouloir «s'asseoir avec Placements D.T. pour voir s'il y a des ajustements à faire compte tenu qu'il y a eu des retards».
Le promoteur ne le voit pas de cet oeil. «Ce n'est pas de notre faute s'il y a eu des retards. Il n'est pas question que je donne une cenne», a tranché Jean-Guy Turcotte. La bretelle d'autoroute a pris un an de plus à se matérialiser en raison de problèmes de sols, et une servitude appartenant à Irving a compliqué les choses pour l'établissement de la superessencerie de Costco, rappelle-t-il.
La Ville, qui a investi 9 millions $ dans la réalisation des rues du nouveau pôle commercial, récupérera ses billes bien assez vite, selon lui. «Tout va se bâtir cette année. L'année prochaine, au lieu d'avoir 300 000 $ [de revenus de taxes], on va peut-être avoir 700 000 $. Ça va compenser. Et après, les revenus de taxes, c'est à vie.»
Bisbilles d'actionnaires
Par ailleurs, les relations entre les trois actionnaires de Placements D.T., Jean-Guy Turcotte, Denis St-Cyr et Ronald Godbout, ne sont pas au beau fixe. Jean-Guy Turcotte ne digère pas d'avoir été écarté du chantier du Domaine de l'Érablière, où le promoteur a déménagé les maisons mobiles qui ont dû être déplacées pour faire place au projet commercial à la tête des ponts.
À l'automne 2012, il avait dû se plier à une injonction de la cour. Les deux autres actionnaires l'accusaient de ralentir les travaux de déménagement. Encore aujourd'hui, Jean-Guy Turcotte nie cette allégation avec véhémence. «Je veux protéger mon intégrité.» C'est plutôt Denis St-Cyr, accuse-t-il, qui a retardé l'avancement des travaux en coordonnant mal l'implantation des lignes électriques. Mais aujourd'hui, M. Turcotte songe à intenter des poursuites pour atteinte à sa réputation.