Corentin Plaçais et Samuel Bellenger, deux étudiants français inscrits à l’Université Laval, qui cherchent un stage ou un emploi à temps partiel dans la capitale. Le Soleil, Pascal Ratthe

Carrefour de l'emploi de l'Université Laval: l'embarras du choix pour les étudiants

«Notre stress ne reposait pas sur notre capacité d’attirer des employeurs, mais bien de savoir si les étudiants allaient être au rendez-vous.»

Rassembler des employeurs n’a pas été une corvée pour André Raymond et son équipe du Service de placement de l’Université Laval (SPLA). Jeudi, ils étaient 157 pour faire les yeux doux aux étudiants et aux diplômés.

«Un record», lance le directeur du SPLA. «Si le pavillon Alponse-Desjardins était plus grand, nous pourrions en accueillir encore plus. Nous avions les noms d’une quarantaine d’employeurs sur notre liste d’attente.»

Ce qui provoquait un brin d’angoisse à André Raymond, c’était la réponse des étudiants à l’invitation du SPLA. Sur l’heure du midi, lors du passage du Soleil, l’affluence grandissait.

Si, à une époque le Carrefour de l’emploi de l’Université Laval — qui en est à sa 30e présentation — permettait aux employeurs de choisir leurs futurs employés, c’est aujourd’hui le contraire. C’est maintenant aux étudiants et aux diplômés de choisir leur prochain patron.

«Vous savez, les jeunes, aujourd’hui, se font dire que le marché du travail leur appartient et que la recherche d’un stage ou d’un emploi va être une promenade dans le parc. À mon avis, il y a un peu de pensée magique dans tout ça», affirme M. Raymond en reconnaissant qu’il y avait effectivement beaucoup d’emplois disponibles, notamment dans la région de Québec, mais que des candidats mettaient beaucoup de temps avant de se mettre en marche. «Avec le résultat qu’ils ne trouvent pas toujours l’emploi tant recherché. Ils se font prendre au jeu.»

«D’année en année, nos enquêtes menées auprès des diplômés montrent que le tiers des étudiants attendent à la toute fin de leur dernière session avant de commencer à se dénicher un gagne-pain. Dans certains cas, la démarche ne débute qu’au moment de l’obtention du diplôme», fait remarquer le directeur du SPLA.

Des emplois, les 157 entreprises participantes au Carrefour de l’emploi de l’Université Laval en proposaient tout près d’un millier.

Et des stages en quantité industrielle !

«Seulement en science et génie, nous avons offert l’été dernier 1200 stages. Deux fois plus qu’en 2008», note André Raymond. «Malheureusement, beaucoup d’offres de stages n’ont pas trouvé preneurs, notamment ceux offerts à l’extérieur de la région immédiate de Québec.

De l’intérêt pour Québec

Deux étudiants français, Samuel Bellenger et Corentin Plaçais, recherchaient, eux, un stage ou en emploi à temps partiel.

Ils sont arrivés du Vieux continent, en septembre dernier, pour compléter leur maîtrise en administration des affaires en comptabilité. Ils en ont fait un bout à l’Université de Rennes et ils terminent leur parcours à l’Université Laval.

«Nous établir à Québec, c’est une possibilité que nous envisageons», souligne Corentin Plaçais. «Nous allons cependant attendre de vivre notre premier hiver...»

Plus sérieusement, ils avouent qu’ils n’éprouveraient pas trop de difficultés  à se trouver un boulot en France.

«Si nous avons choisi de venir à Québec, c’est un peu pour changer d’environnement et pour diversifier nos expériences.»

À la recherche de défis

«Aujourd’hui, les jeunes recherchent des défis», signale Amélie Plante, conseillère sénior en acquisition de talents chez iA Groupe financier.

«Nous pensons, bien souvent, que les jeunes aiment butiner d’un employeur à un autre. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Plusieurs jeunes travailleurs veulent faire carrière chez un employeur et y développer un sentiment d’appartenance. Ce qu’ils veulent, par contre, c’est d’avoir la chance de développer leur employabilité et leur polyvalence, de voyager et de sortir des sentiers battus», explique-t-elle.

Pour iA Groupe financier, l’Université Laval est une généreuse pépinière de talents.

«À peine quelques kilomètres séparent le campus de notre siège social sur la Grande-Allée», fait remarquer Mme Plante en soulignant que la compagnie avait actuellement 250 postes à pourvoir.

«Pour nous, c’est important d’être ici, de se faire connaître auprès de la clientèle étudiante. Un jour, qui sait, quand ils chercheront un emploi ou qu’ils voudront aller voir ailleurs, ils se souviendront de nous.»          

Le directeur du Service de placement de l'Université Laval, André Raymond.