Marie-Pier Noreau et Sonia Robitaille-­Jacob, les deux amies derrière l’entreprise Caramels F.A.A., née d’une production artisanale et devenue un gagne-pain sérieux en quelques années.

Caramels F.A.A.: une grande amitié derrière les petits pots [VIDÉO]

On pourrait dire que l’histoire de Caramels F.A.A. a commencé au marché Créafolie, à L’Ancienne-Lorette. Deux jeunes femmes qui aiment faire du caramel pour famille et amis, à Noël, et qu’on met au défi d’aller en vendre, pour le plaisir. Ou encore, on pourrait dire que l’histoire a commencé à l’université, quand elles ont commencé à rêver d’ouvrir un café. Ou encore, il y a plus longtemps encore, quelque part au Collège de Champigny, quand elles se sont rencontrées, à 12 ans, et ont connu un coup de foudre amical.

«L’entrepreneuriat, on a ça dans le sang depuis qu’on est toutes petites», lance Marie-Pier Noreau. Difficile de savoir à quel âge Sonia Robitaille-Jacob et elle se sont mises à rêver de posséder une entreprise, ensemble. À les écouter parler avec passion de leur histoire, ça a toujours fait partie du plan, en quelque sorte.

Sauf que la vie étant ce qu’elle est, il a fallu du temps avant que ça arrive, et ce n’était pas du tout prévu que ce soit du caramel qui fasse d’elles des entrepreneures sérieuses! Ce nectar crémeux, elles prenaient plaisir à le concocter pour leur entourage, lors d’une séance intense de «popotte», chaque Noël, une tradition pour rattraper le temps perdu dans une vie qui leur laissait peu de temps pour se voir. L’une travaillait en restauration, l’autre dans le domaine de la mode. Elles avaient fait leurs études ensemble en administration des affaires, mais avaient pris des directions différentes. 

Filles de défi

Voilà qu’en 2016, une amie leur suggère, en boutade, de vendre leur fameux caramel artisanal dans un marché. «Sonia et moi, on est des filles de défi», raconte Marie-Pier Noreau. Elles ont pris l’idée au pied de la lettre, et ont concocté 200 pots, qu’elles ont écoulés à la vitesse de l’éclair au premier marché Créafolie. 

Elles ont profité de l’intérêt et ont continué de se présenter dans différents salons d’artisans et marchés dans la région. «À ce moment-là, on faisait du love money, explique Sonia Robitaille-Jacob. On vendait des pots de caramels pour amasser des fonds pour notre projet de café.» L’aventure a décollé et les jeunes femmes, un peu excessives de leur propre aveux, faisaient le caramel dans une cuisine de garderie, louée en soirée. Marie-Pier a suivi son cours de salubrité au MAPAQ, elles ont tranquillement professionnalisé leur production. 

Puis, le vieux rêve est devenu réalité : on leur a offert de gérer l’espace de restauration du magasin Benjo. Elles ont quitté leurs emplois stables et en ont fait le quartier général de Caramels F.A.A. pendant un bon moment, mais l’aventure s’est terminée en décembre dernier. Il leur fallait plus de temps pour se consacrer au développement de la production de la gâterie sucrée qui a fait leur renommée. 

100 points de vente

Depuis, les deux partenaires continuent de fréquenter les marchés, aidées d’une équipe de bénévoles. Elles multiplient aussi les points de vente. Elles sont rendues à près d’une centaine de commerces qui affichent leurs produits : des épiceries fines, boulangeries, pâtisseries, mais aussi le Grand Marché de Québec et des grandes bannières comme IGA, Provigo et Métro, aussi bien dans la région de Québec, où elles sont très présentes, mais aussi à Montréal, à Drummondville, en Beauce… 

Les deux amies s’enorgueillissent d’arborer depuis peu le sceau Aliment préparé au Québec. Leurs produits sont sans agents de conservation, sans gluten, sans arachides. 

«Cette année, on a déjà 20 000 pots de produits», s’enthousiasme Sonia Robitaille-Jacob. Elles font présentement affaire avec une usine en sous-traitance, mais leur rêve est de posséder leur propre usine, ici à Québec. D’ici là, elles font presque tout elles-mêmes : apposer les étiquettes, assembler les boîtes, distribuer les produits, participer aux marchés, développer les nouvelles saveurs qui s’ajouteront aux six déjà offertes. 

Au fait, pourquoi Caramels F.A.A.? «Fait avec amour», répondent en choeur les pétillantes entrepreneures. Voilà là un nom on ne peut mieux choisi.

Pour info : caramelfaa.com