Le chef de la direction de Cara Operations, Bill Gregson

Cara a réussi à contrebalancer la hausse du salaire minimum

TORONTO — Le groupe de restaurants Cara Operations a contrebalancé l’incidence de la hausse du salaire minimum en Ontario en réalisant des hausses de prix sélectives et en effectuant des changements à ses menus, a indiqué lundi son chef de la direction, Bill Gregson.

En fait, a expliqué le patron de Cara, «la plupart de nos bannières [...] ont eu de plus fortes ventes en Ontario que dans les autres parties du Canada».

Ces bannières comprennent la chaîne de hamburgers Harvey’s, les rôtisseries St-Hubert et Swiss Chalet, ainsi qu’une série d’autres restaurants comme Kelsey’s, East Side Mario et Milestones.

Le gouvernement de l’Ontario a décidé de hausser le salaire minimum de la province à 14 $ de l’heure le 1er janvier. Cela a lancé un vif débat à savoir si l’augmentation aurait un effet net bénéfique ou non pour la plus grande économie provinciale du pays, étant donné son impact sur les profits des entreprises.

Les partisans de la hausse ont fait valoir qu’elle pourrait stimuler les dépenses de consommation, tandis que ses détracteurs ont averti qu’elle ferait accélérer l’inflation si les entreprises décidaient de refiler la facture de la hausse des coûts de main-d’œuvre à leurs clients, et qu’elle entraînerait des pertes d’emplois.

M. Gregson a estimé qu’il était encore trop tôt pour dire comment Cara s’en tirerait à long terme, mais qu’il n’avait rien vu, dans les premières semaines de 2018, qui puisse laisser croire que les consommateurs s’opposaient aux hausses de prix choisies.

«Tous les articles n’ont pas nécessairement été touchés», a-t-il expliqué. «Nous avons tenté de minimiser les hausses de prix.»

Dans certains cas, a poursuivi M. Gregson, Cara a retiré certains choix des menus s’ils demandaient trop de préparation ou comportaient des ingrédients trop dispendieux.

Cara n’a pratiquement pas vu d’inflation dans les coûts de ses aliments, a-t-il ajouté.

«En Ontario, dans nos restaurants d’entreprise, toutes les jongleries que nous avons faites avec ces différents facteurs semblent avoir porté fruit. Mais ça ne fait que deux mois.»

La société, dont le siège social se trouve à Vaughan, en Ontario, détient un des plus grands groupes de restaurants au Canada, avec 1272 établissements sous 18 bannières.

En janvier, Cara a annoncé avoir conclu une entente de 200 millions $ pour racheter la chaîne Keg Restaurants, qui exploite une chaîne de 160 grilladeries.

Profits en hausse

Le patron de Cara s’exprimait lors d’une conférence téléphonique avec des analystes pour discuter des résultats du quatrième trimestre de l’entreprise, publiés vendredi. Cara a engrangé un bénéfice net de 27,3 millions $ pour le trimestre de 14 semaines clos le 31 décembre.

En comparaison, elle avait réalisé un bénéfice net de 19,7 millions $ un an plus tôt, au terme d’un trimestre d’une durée plus habituelle de 13 semaines.

Les revenus bruts de Cara se sont établis à 225,4 millions $, en hausse par rapport à ceux de 175,6 millions $ de la même période un an plus tôt, tandis que les ventes du système de ses divers restaurants ont atteint 774,9 millions $, comparativement à 641,1 millions $ un an plus tôt.

Les ventes des restaurants ouverts depuis au moins un an ont progressé de 2,5 %.

M. Gregson a souligné que la plus grande partie de la croissance des ventes des restaurants était attribuable aux hausses de prix, mais aussi à une progression de l’achalandage dans ses établissements.