Le secteur du pétrole et gaz reprend de la vigueur en Alberta

Canada: l'économie se porte bien et les taux d'intérêt risquent d'augmenter

La croissance plus forte que prévu de l’économie canadienne en mai laisse présager une autre hausse des taux d’intérêt cet automne, mais les économistes ne pensent pas que cela se produira à la prochaine annonce des taux de la Banque du Canada en septembre.

Mardi, Statistique Canada a déclaré que l’économie canadienne avait progressé de 0,5% en mai grâce aux solides performances des secteurs nationaux et des secteurs axés sur l’exportation. Les analystes s’étaient attendus à une croissance moindre, à 0,3%.

Josh Nye, économiste principal chez Recherche économique RBC, a souligné qu’il s’agit de l’avancée la plus largement répandue en plus de dix ans étant donné les gains dans l’activité d’un mois à l’autre dans 19 des 20 industries.

«Les chiffres solides de la croissance ne font qu’améliorer notre confiance que le taux de financement à un jour devrait encore augmenter cette année», a-t-il dit, ajoutant croire que la Banque du Canada attendra jusqu’en octobre pour hausser les taux.

La banque centrale a relevé les taux d’intérêt pour la quatrième fois en un an en juillet et a indiqué que d’autres hausses sont à prévoir, la croissance économique augmentant le risque d’une accélération de l’inflation.

La Banque du Canada prévoit une croissance du PIB de 2,8% au deuxième trimestre clos le 30 juin, soit un peu moins que les prévisions des analystes de 3,0%.

L’économiste en chef des Marchés des capitaux CIBC, Avery Shenfeld, a dit s’attendre à une hausse des taux en octobre, mais il a ajouté que la banque centrale devrait maintenir les taux à leurs niveaux ensuite jusqu’en 2019.

«Même avec un mois de juin inchangé, nous tablons sur une croissance de 3,0% au deuxième trimestre, mais rappelons-nous que les trois trimestres précédents n’avaient été qu’en moyenne à 1,5%. Ainsi, la tendance sous-jacente n’est pas très supérieure au taux de croissance de 1,9% que la Banque du Canada voit comme durable sans pressions d’inflation», a-t-il fait valoir.

La hausse d’un mois à l’autre de 0,5% en mai est plus forte comparativement à une hausse de 0,1% en avril, a indiqué Statistique Canada, ajoutant que le nombre d’avril a été affecté par les conditions météorologiques qui comprenaient une tempête de verglas dans le centre et l’est du Canada. Il y a également eu un arrêt temporaire de certains projets de sables bitumineux en Alberta pour l’entretien.

Le secteur du pétrole et du gaz a mené le bal en mai avec une augmentation de 2,5% à mesure que les installations de sables bitumineux sont revenues à la production.

Le secteur des services publics s’est contracté de 2,4% en mai, le temps plus clément ayant régressé à travers le pays, inversant la croissance de 1,4% enregistrée en avril sous l’effet d’une demande accrue de chauffage due aux températures plus froides qu’à l’habitude.

L’activité dans les bureaux des agents et courtiers immobiliers a diminué de 2,7% en mai, en partie en raison de la baisse des ventes de maisons en Colombie-Britannique. C’était la quatrième baisse depuis le début de 2018.

Le secteur du commerce de détail a connu une hausse mensuelle de 2% depuis octobre 2017 grâce aux activités des concessionnaires de véhicules automobiles et de pièces et aux activités de printemps des marchands de matériaux de construction et de matériel et fournitures de jardinage.

La construction a augmenté de 0,7% en mai, compensant essentiellement la baisse d’avril. La construction et la réparation de bâtiments résidentiels ont toutes deux augmenté après avoir diminué en avril.

Les secteurs axés sur les exportations ont également enregistré des gains, le commerce de gros ayant progressé de 1,4% en raison de la vigueur des matériaux de construction, des fournitures et des matériaux de construction.