Les clients actifs du programme de fidélité Milliplein ont jusqu’au 31 décembre pour échanger leurs points dans l’un ou l’autre des 27 magasins Canac.

Canac largue Milliplein

Canac abandonne Milliplein.

Les clients actifs du programme de fidélité Milliplein ont jusqu’au 31 décembre pour échanger leurs points dans l’un ou l’autre des 27 magasins du quincaillier et marchand de matériaux de construction de Québec.

Une précision importante, toutefois, s’impose.

La carte Milliplein demeure active dans le cas des autres partenaires du programme de récompenses, soit les essenceries EKO, les dépanneurs Sprint, le distributeur au détail de mazout F. Dufresne et La Capitale assurances générales. Les clients peuvent continuer d’accumuler des points qu’ils peuvent ensuite échanger pour acheter, par exemple, de l’essence chez EKO.

À la caisse, ses détenteurs sont informés qu’à compter du 1er janvier 2018, ils ne pourront plus échanger les points accumulés au moment de leurs achats en magasin.

C’est donc la fin d’une association qui remontait à plus d’une quinzaine d’années entre Canac et Milliplein, un programme de fidélité lancé en 1997 par le Groupe F. Dufresne.

«C’est avec tristesse que l’on doit mettre fin à notre association avec Milliplein qui demeure, à mon avis, un très bon programme. La décision n’a pas été facile à prendre», indique au Soleil le président de Canac, Jean Laberge. «Les gens du Groupe F. Dufresne et d’EKO sont des gens formidables. Nous demeurons en bons termes avec eux.» 

EKO, faut-il le rappeler, est une division du Groupe F. Dufresne.

Mais les affaires sont les affaires.

Au cœur d’une concurrence sans merci dans son secteur d’activité, Canac a décidé de miser à fond sur une politique de bas prix.

«Nous voulons être en mesure d’offrir en tout temps le meilleur prix possible aux consommateurs pour toute la marchandise offerte en magasin. Nous avons donc choisi d’investir ce que nous dépensions dans le programme Milliplein pour baisser nos prix et ainsi demeurer fidèles à notre devise qui dit “l’économie est dans le prix”», explique le quincaillier indépendant.

«En mettant les pieds chez Canac, le client sait qu’il va payer moins cher qu’ailleurs. Nous tenons à renforcer ce positionnement.»

Dommages collatéraux

Jean Laberge sait très bien que la décision de larguer Milliplein fera des mécontents parmi ses fidèles clients. 

Au Québec, les programmes de fidélisation ont la cote. 

Plus tôt, cet automne, un sondage réalisé par Léger et R3 Marketing pour le compte du journal Les Affaires révélait que Milliplein figurait au septième rang dans le top 10 des meilleurs programmes de fidélisation dans la Belle Province. Tout juste derrière les Pétro-Points de Petro-Canada et devant l’Esso Extra d’Esso.

Au premier rang, il y a Récompenses Starbucks de Starbucks, suivi de Scène de Cineplex et de Câlin des animaleries Mondou.

«La plupart des programmes qui performent le mieux sont axés sur l’achat de produits au quotidien», signalait Anne-Marie Delisle, la directrice de la recherche chez Léger, en insistant sur la popularité des programmes de récompenses offerts par les essenceries.

«C’est certain, nous subirons sans aucun doute quelques effets collatéraux. Il faudra attendre à la fin de l’été pour en mesurer les effets concrets», explique Jean Laberge en signalant avoir reçu «quelques courriels et appels» de clients demandant des explications sur la décision de leur quincaillier favori.

«Pour l’instant, ce n’est pas si pire. Il n’y a pas de manifestation devant les magasins et je ne me fais pas abîmer de bêtises.»

Est-ce qu’un jour Canac aura sa propre carte de fidélisation?

«On y a pensé un peu. Si nous nous apercevons, d’ici cinq ans, que les consommateurs ne jurent que par les programmes de fidélisation, on verra. Il ne faut pas non plus capoter avec ça. Des gros commerces comme Walmart n’en ont pas et ne s’en portent pas si mal. Le nœud de la guerre, c’est le prix.»

Le programme tient bon

«Nous, on garde le cap», affirme le directeur du programme Milli­plein du Groupe F. Dufresne, Gabriel Bérubé-Pelletier.

«Canac a pris une décision d’affaires. Nous en prenons acte.»

En entrevue au Soleil en juillet dernier, M. Bérubé-Pelletier signalait que l’entreprise planchait sur une refonte du programme Milliplein, notamment pour le rendre plus généreux et en faciliter l’interactivité avec les 150 000 à 200 000 clients actifs mensuellement. 

La recherche de nouveaux partenaires faisait également partie des plans.

Une nouvelle mouture du programme Milliplein devrait être présentée au printemps 2018.