La directrice de la succursale de Saint-Augustin-de-Desmaures, Michèle Nadeau, et le président de Canac, Jean Laberge.

Canac: de Cap-Rouge à Saint-Augustin

Canac ouvre des magasins. Comme celui de la route 138 à Saint-Augustin-de-Desmaures inauguré mardi. Il rénove ses plus anciens également. Exceptionnellement, le quincaillier en ferme aussi.

C’est le cas du commerce de la rue Charles-Albanel dans l’arrondissement de Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge.

«Ça n’a pas été une décision facile à prendre», a expliqué le président de Canac, Jean Laberge, à l’occasion de l’ouverture de la 27e succursale de la chaîne de Québec.

«Fermer un magasin, ça fait des mécontents. Je pense aux clients qui demeurent à deux pas de la quincaillerie.»

Le magasin de la rue Charles-Albanel constituait une sorte d’expérience pilote pour Canac. Le détaillant voulait tester une formule de quincaillerie de quartier. Un établissement abritant un inventaire limité de produits et ne possédant pas de cour à bois extérieure.

«C’est un test que l’on a fait. Je ne pense pas que l’on va le refaire», a admis Jean Laberge devant près d’une centaine de partenaires d’affaires.

En résumé, le Canac de la rue Charles-Albanel provoquait son lot de mécontentement. Les clients n’y retrouvaient pas tous les produits généralement disponibles dans les autres commerces de la chaîne.

«Nous devions diriger les consommateurs vers nos autres magasins. Et il y avait le stationnement qui était trop petit. Il y avait quasiment des batailles entre les clients pour les rares espaces disponibles!»

Pendant deux ans, Jean Laberge a cherché en vain des terrains dans ce secteur de l’ancienne ville de Cap-Rouge pour y ouvrir un plus grand magasin.

Briser le moule

En octobre dernier, Canac a mis le grappin sur le magasin du quincailler concurrent BMR sur la route 138 à Saint-Augustin-de-Desmaures. Un bâtiment de près de 32 000 pieds carrés pratiquement neuf dans lequel Canac a investi 6,5 millions $ pour l’adadper à sa vision du commerce de détail. Eh oui, il y a une cour à bois extérieure de plus de 140 000 pieds carrés!

Jean Laberge espère maintenant que ses clients de la rue Charles-Albanel ne «bouderont» pas trop longtemps son nouveau commerce. «Nous savons pertinemment que, pour les gens de Sainte-Foy et de Cap-Rouge, ce n’est pas naturel d’aller vers l’ouest.»

Pour Canac, la transformation de l’ancien BMR brisait, en quelque sorte, le moule habituel.

«Ce n’est pas la première fois que nous achetons la bâtisse d’un concurrent. Généralement, par contre, nous la démolissons, nous reconstruisons à neuf et nous ajoutons du stationnement. Cette fois, nous avons conservé intégralement le bâtiment en y apportant les seuls changements nécessaires pour qu’il devienne un commerce à notre image.»

Un autre magasin à Lévis

La croissance est au rendez-vous pour Canac. Elle l’est aussi pour l’industrie de la quincaillerie, a souligné Jean Laberge.

«Nos maisons vieillissent. Elles ont besoin d’être remises au goût du jour. Aspirant à améliorer leur confort, les consommateurs aiment dépenser pour rénover leur salle de bain, pour refaire leur patio ou pour acheter un BBQ tout neuf.»

Pas plus tard que la semaine dernière, Canac inaugurait un magasin à Thetford Mines. Mardi, c’était à Saint-Augustin-de-Desmaures. À l’automne, Jean Laberge coupera un autre ruban, cette fois à Shawinigan. Et au printemps 2019, ça sera à Joliette.

Un rythme de deux magasins par année. «C’est assez compte tenu de la rareté de main-d’oeuvre.» Incluant les 70 employés du magasin de Saint-Augustin, Canac fournit un gagne-pain à 3100 personnes.

À Québec, Canac n’a pas de projet dans ses cartons.

«À Lévis, par contre, il y aurait de la place pour un quatrième magasin», a mentionné M. Laberge. «Notre succursale du boulevard Alphonse-Desjardins ne peut grandir davantage. Nous voudrions nous installer à l’est du territoire. Nous avons déjà des succursales à Saint-Nicolas et à Saint-Romuald. La Ville de Lévis connaît nos intentions.»