Pendant l’annonce de la 16e Parade des jouets, Yvon Charest, président et chef de la direction de IA Groupe financier, a proposé d’exercer des pressions sociales sur les entreprises de Québec qui refusent à répétition de contribuer aux campagnes de financement.

Campagnes de financement: «Si la carotte ne fonctionne pas, essayons le bâton»

Le président de l’Industrielle Alliance et philanthrope reconnu, Yvon Charest, propose d’exercer des pressions sociales sur les entreprises de Québec qui refusent à répétition de contribuer aux campagnes de financement, notamment celles dédiées aux œuvres caritatives.

«Moi, comme solliciteur, quand je me fais dire non trois à cinq fois par une même compagnie, j’arrête parce que mon temps est limité.» L’inattendu discours de M. Charest tranchait, mercredi, avec les festivités entourant l’annonce de la 16e Parade des jouets. Événement qui, par ailleurs, revêt un caractère social puisque des jouets sont remis à des enfants défavorisés.

M. Charest a déjà abordé la question du manque de générosité de ses pairs. Cette fois, il ne prend pas de gants blancs. «C’est Einstein qui disait : “Si tu fais 20 fois la même chose, surprends-toi pas que le résultat soit le même.” Ça fait 17 ans que je dis qu’il est important de reconnaître ceux qui s’impliquent et ça a l’air que ça ne fonctionne pas fort. Si la carotte ne fonctionne pas, essayons le bâton.»

Actuellement, la pression repose sur les plus gros donateurs. Le problème est que plus une entreprise donne, plus elle est sollicitée. Une tendance qu’il veut renverser. «Si on ne met pas de pression pour que les autres le deviennent [des donateurs], on se limite comme communauté et on ne peut pas subvenir à tous les besoins. Et s’il y avait une certaine pression de la société et que les gens disaient que c’est à ton tour de donner», suggère celui qui s’implique aussi dans Centraide.

Difficulté de trouver

Au même titre que d’autres organismes, la Parade des jouets rencontre des difficultés à trouver des donateurs. «Peut-être qu’il y a des gens qui vivent dans un autre monde, pis qui pensent que tout le monde est dans la ouate, pis que c’est normal de dépenser 300 piastres à Noël», lance M. Charest, dont l’entreprise est présentateur officiel de l’événement.

Le président de la parade, Pierre Dolbec, président des parcs industriels de Québec, exprime ses frustrations avec son franc-parler habituel. «Il y a quelque chose qu’on ne comprend pas. C’est paradoxal parce que l’économie va excessivement bien. Surtout que c’est pour donner à des enfants défavorisés. Quand tu te fais dire non, t’as quasiment le goût de répondre : “J’espère qui va t’arriver quelque chose avant les Fêtes.”»

Il va plus loin, jusqu’à imaginer un monde où toutes les entreprises participeraient à la hauteur de leur capacité. «Y’a deux ans, j’avais dit que ça serait l’enfer l’argent qui pourrait être redistribué aux organisations de terrain si chaque entreprise remettait à la fin de l’année 1 % de son chiffre d’affaires.»

Présent à la conférence, le maire sortant Régis Labeaume s’est dit en accord avec les propos de M. Charest. Il songe à remettre sur pied la remise d’une médaille-reconnaissance pour la contribution des entreprises.

En 2014, il en avait justement appelé aux riches gens d’affaires de Québec qui, selon lui, devraient donner davantage. Il déplorait que les philanthropes soient toujours les mêmes. «Y’a des gens qui ont de l’argent dans leurs poches à Québec et qui ne donnent pas. Et je les blâme», avait lancé le maire il y a deux ans qualifiant certaines personnes «d’égoïstes».