Burberry à Londres: le magasin du futur selon Mirego

Si vous vous retrouvez à Londres l'un de ses quatre matins, arrêtez-vous au 121, Regent Street. Allez jeter un coup d'oeil à l'intérieur de la boutique amirale de Burberry, ce manufacturier de vêtements et d'accessoires de luxe.
<p>Charles Cantin et à Sébastien Morin, respectivement vice-président Solutions d'entreprises et vice-président Expérience utilisateur et Stratégie chez Mirego </p>
Quand Le Soleil a demandé à Charles Cantin et à Sébastien Morin, respectivement vice-président Solutions d'entreprises et vice-président Expérience utilisateur et Stratégie chez Mirego, de nous présenter le magasin du futur, ils nous ont fait parvenir une vidéo d'entreprise de Burberry illustrant l'utilisation intelligente des nouvelles technologies. «C'est simple, tu deviens un fan fini de Burberry quand tu ressors de là tellement l'expérience client est renversante», affirme Sébastien Morin.
Les gars de Mirego savent de quoi ils parlent. La compagnie de Québec, fondée en 2007, est spécialisée dans la conception et le développement d'applications mobiles pour les téléphones intelligents et les tablettes tactiles. Avec des bureaux satellites à Mont-réal, à Palo Alto, en Californie, et bientôt à Toronto, Mirego aide les entreprises, grandes et petites, à se réinventer afin de prospérer à l'ère des nouvelles technologies numériques. Parmi ses clients, La Presse, RONA, Red Bull, Industrielle Alliance, le Musée des beaux-arts du Québec et Aldo.
Revenons à Burberry. Et à la vidéo.
Dans la boutique amirale de 4000 mètres carrés, un écran géant de 38 mètres carrés diffuse des vidéos pour créer une ambiance de happening. Tantôt un spectacle de musique rock. Tantôt les dernières collections de vêtements de pluie. Ça tombe bien. Il pleut à torrents au même moment à Londres!
Le magasin prend des allures d'un jardin d'écrans interactifs.
«Une cliente s'intéresse à un sac. Elle le prend pour l'examiner de plus près. Aussitôt, un écran planté tout juste à côté du présentoir s'illumine et présente les caractéristiques dudit sac qui fait l'envie de la cliente», explique Charles Cantin. Puisque la qualité est la marque de commerce de Burberry, la vidéo met l'accent sur les procédés de fabrication et sur le souci du détail des artisans.
Un autre client s'approche d'un mannequin habillé d'un manteau beige. Un système de positionnement discrètement dissimulé le retrace, lui et son application Burberry installée sur son téléphone intelligent. Le client s'arrête devant le mannequin et consulte son téléphone intelligent. «Il va voir apparaître à l'écran de son téléphone le prix du manteau, sa disponibilité dans d'autres couleurs, les agencements possibles, etc.», poursuit M. Cantin.
«Burberry est un bel exemple de l'expérience unique que l'on peut faire vivre à un client.»
Révolution technologique
La convergence des nouvelles technologies et le développement plus particulièrement des télécommunications et de la mobilité sont à la source d'une véritable révolution dans l'univers du commerce au détail. «La mobilité fait en sorte que tous les gens sont connectés sur Internet partout et tout temps», explique Sébastien Morin.
Cette nouvelle réalité oblige les marchands à revoir de A à Z l'expérience de consommation de leurs clients. Parce qu'il magasine de plus en plus sur le Web quand vient le temps d'acheter un réfrigérateur, par exemple, le consommateur en sait souvent plus que le vendeur sur les caractéristiques de l'appareil électroménager. Il s'attend donc à autre chose.
Le défi des commerçants est de regrouper les différentes technologies - qui ne cessent de se multiplier et de se simplifier - pour qu'elles servent à une seule et une fin : faire en sorte que le consommateur achètera son produit plutôt que celui du compétiteur.
«Si je me promène dans mon magasin de chaussures préféré et que ma présence a été détectée grâce à mon application mobile et que l'on me propose un prix spécial sur les souliers qui m'intéressent depuis ma dernière visite sur le site Internet du magasin, il y a de bonnes chances que je dise : wow!», note Charles Cantin.
«Grâce aux technologies, le consommateur peut retrouver le service personnalisé qu'il pouvait obtenir jadis dans les magasins. À l'époque où il mettait les pieds chez le boucher du quartier et que ce dernier savait quel type de coupe de viande il voulait», ajoute Sébastien Morin.
Le glas des commerces, comme nous les connaissons aujourd'hui, sonnera-t-il bientôt?
Les gars de Mirego estiment que les consommateurs peuvent s'attendre à voir disparaître les magasins qui, par exemple, sont surchargés d'inventaire. «Ce qui se vend, c'est connu, ce n'est pas ce que l'on retrouve accroché pêle-mêle sur les portants, mais bien ce qui est en démonstration sur un mannequin. Donc, le magasin de demain va rassembler à la formule Apple Store. Quelques produits, bien choisis, en démonstration. L'accent sera mis sur l'ambiance, le décor et le service personnalisé», indique Sébastien Morin.
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Des bottes à la station de métro!
En annonçant, en janvier, un investissement de 363 millions $ qui favorisera la création de 400 emplois, le Groupe Aldo a pris résolument le virage des technologies numériques. Mirego a épaulé la multinationale de la chaussure dans le développement de son premier magasin numérique installé, en décembre dernier, à la station de métro Lionel-Groulx à Montréal.
Voir la vidéo:
«Au premier coup d'oeil, ça ressemble à un panneau publicitaire», explique Sébastien Morin, vice-
président, Expérience utilisateur et Stratégie chez Mirego, en parlant du prototype mis à l'essai.
En interagissant avec ce kiosque de vente numérique, le consommateur peut consulter tous les produits proposés par Aldo et prendre connaissance des caractéristiques de chacun d'entre eux. S'il trouve le modèle désiré, il peut l'acheter et payer par PayPal et bientôt par carte de crédit. La transaction complétée, un coupon de caisse apparaît et la marchandise est livrée dans les 24 heures suivantes.
«Ça fait trois mois que ça roule, et les gens du Groupe Aldo sont pleinement satisfaits des résultats du prototype», exprime Sébastien Morin. D'autres kiosques du genre devraient apparaître dans d'autres lieux publics. Il appert que 70 % des gens qui se rendent dans l'une ou l'autre des 2300 points de vente du manufacturier québécois consultent le site Web d'Aldo avant de se rendre à la boutique pour faire leurs emplettes.