Budget Marceau: la SAQ moins rentable

La Société des alcools du Québec (SAQ) est moins rentable que prévu. Le monopole d'État de la vente d'alcool va manquer cette année son objectif de bénéfices nets de 31 millions $.
Les données dévoilées hier dans le budget du ministre des Finances Nicolas Marceau indiquent que la SAQ n'a pas répondu aux commandes de Québec de générer davantage de profits au cours de la dernière année.
Pour l'année financière qui se terminera au 31 mars prochain, la SAQ prévoyait livrer des profits nets de 1,068 milliard $ à son actionnaire principal. Or, la SAQ ne livrera que 1,037 milliard $, soit 31 millions $ de moins qu'attendu.
L'an dernier (2012-2013), la SAQa rapporté un bénéfice net de1,030 milliard $, en hausse de 3,1 %.
Au ministère des Finances, on soutient que les ventes de la SAQ ont été moins importantes au cours de la dernière année en raison du ralentissement de l'économie québécoise. Par conséquent, les ménages québécois ont moins consommé de vin, a précisé un porte-parole du Ministère.
Au cours des derniers trimestres, la SAQ a notamment vu ses revenus progresser légèrement dans ses succursales alors que ses ventes en volume dans les épiceries sont en diminution. La baisse des ventes de vin est un phénomène nouveau pour la SAQ, qui tire 80 % de ses revenus de ce type de produits.
Hydro fait mieux
Le gouvernement du Québec peut toutefois compter sur Hydro-Québec. Les hausses de tarifs d'électricité et les exportations ont fait grimper les profits de la société d'État. Résultat : la société d'État rapportera 142 millions $ de plus que prévu cette année en bénéfice net.
Hydro-Québec fera beaucoup d'argent au cours de l'exercice qui se terminera le 31 mars prochain. Dans son dernier budget, le gouvernement prévoyait des profits de2,8 milliards $. Or, cette année, la société d'État dégagera plutôt un bénéfice net de 2,942 milliards $.
Au ministère des Finances, on explique que les températures froides ces derniers mois ont fait tourner les compteurs d'électricité. Hydro-Québec a aussi vu ses ventes d'électricité aux États-Unis et en Ontario monter en flèche ces derniers mois.
Les profits pourraient connaître au cours des prochaines années une forte progression chez Hydro-Québec.
Dans une demande déposée devant la Régie de l'énergie, la société d'État demande une hausse tarifaire de 5,8 % pour le 1er avril.
Si elle est acceptée par la Régie, cette augmentation se traduirait par des hausses annuelles de plus de 120 $ pour les clients qui possèdent une résidence de taille moyenne et de 36 $ pour les locataires d'un logement moyen.
Hydro-Québec soutient que cette hausse est nécessaire en raison des coûts engendrés par la mise en service de nouveaux parcs éoliens ainsi que l'indexation du prix de l'électricité patrimoniale.
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Une ascension vers les 200 milliards $
Lentement mais sûrement, la dette du Québec poursuit son ascension. Au cours de la prochaine année, la dette brute de l'État québécois bondira de 7,1 milliards $ pourfranchir allègrement la barre des200 milliards $.
L'état des finances publiques du Québec contenu hier dans le budget du ministre des Finances Nicolas Marceau démontre que la dette québécoise continue de prendre du poids. Au31 mars prochain, elle s'élèvera à198,5 milliards $. Au 31 mars 2015, si tout se déroule comme prévu, la dette québécoise sera alors de205,6 milliards $.
Pour réussir à payer la facture d'épicerie, le gouvernement Marois ajoutera tout près de 14,4 milliards $ à la dette de la province d'ici 2019. Dans cinq ans (31 mars 2019), la dette brute du Québec se chiffrera à212,9 milliards $.
Juste pour payer les intérêts de sa lourde dette, le Québec devra consacrer l'an prochain 11,3 % de ses dépenses consolidées(96,7 milliards $). Les intérêts de la dette s'élèveront alors à 10,9 milliards $ (8,6 milliards $ pour le fonds général et 2,3 pour les entités consolidées). En 2015-2016, la facture des intérêts de cette dette passera à11,3 milliards $.
Le taux d'endettement du Québec demeure d'ailleurs le plus élevé de toutes les provinces canadiennes, peut-on lire dans le Plan budgétaire 2014-2015 déposé hier par le ministre Marceau.
La faute aux infrastructures
Aux prises avec un déficit attendu de 1,75 milliard $ cette année, le gouvernement du Québec doit continuer à emprunter pour financer les investissements dans les infrastructures (routes, écoles, hôpitaux, etc.) et les projets hydroélectriques d'Hydro-Québec.
Le poids de la dette de l'État québécois représentera cette année 54,3 % du produit intérieur brut (PIB) du Québec. En 2019, Québec a l'intention de ramener ce ratio dette _PIB à 48,8 %.
«Le retour anticipé à l'équilibre budgétaire devrait permettre un ralentissement de la progression de la dette publique du Québec», a souligné hier l'économiste Benoît P. Durocher du Mouvement Desjardins.
Par conséquent, la croissance annuelle de la dette brute passera de 3,4 % cette année à 0,6 % en 2017-2018. Une légère réduction de la dette est même prévue pour l'exercice financier 2018-2019.
Les sommes consenties au Fonds des générations par Québec se font de plus en plus sentir au sein même de ses états financiers. Au 31 mars 2019, la valeur comptable du Fonds des générations pourrait atteindre un peu plus de 17 milliards $, soit près de 8 % de la dette brute totale.