«On assiste à un retour du déséquilibre fiscal» au Canada, a déclaré mardi le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau.

Budget Flaherty : «fédéralisme prédateur», dénonce Marceau

Le budget de Jim Flaherty témoigne de la résurgence d'un «fédéralisme prédateur», accuse le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau.
Il réitère ce qu'il avait déclaré en novembre : «On assiste à un retour du déséquilibre fiscal» au Canada.
Un transfert «d'espace fiscal», qui se traduirait par une baisse de la TPS fédérale et une hausse de la TVQ provinciale, constituerait le meilleur moyen de corriger ce déséquilibre entre les deux paliers de gouvernement, croit-il. 
Le rapport entre la capacité de l'un et l'autre d'amasser des revenus et les dépenses qu'ils doivent engager est bancal, avait déjà confié l'automne dernier le ministre québécois au Soleil.
Chaque fois que ce sujet revient dans l'actualité, le gouvernement du Québec rappelle que les dépenses qu'il doit assumer sont en quelque sorte incompressibles, lui qui doit par exemple fournir les soins aux patients. Dans ce débat, Ottawa réplique qu'il appartient aux provinces de mettre de l'ordre dans leurs finances publiques.
L'expression «fédéralisme prédateur» lancée par M. Marceau mardi soir a été forgée à la fin des années 80 par l'un de ses prédécesseurs, le libéral Gérard D. Lévesque. Elle illustre l'idée d'un empiétement du fédéral dans les champs de compétence des provinces.
Le gouvernement Marois fustige le dernier budget Flaherty en dénonçant «l'entêtement du fédéral à sabrer dans le financement des ententes sur le marché du travail pour mettre en place sa propre initiative de Subvention canadienne pour l'emploi».
Il dénonce également la création d'un nouveau fonds de recherche dans le domaine de l'éducation supérieure doté d'un financement de 1,5 milliard $, un domaine de compétence québécoise, a insisté Nicolas Marceau. Ainsi que le fait que l'industrie automobile ontarienne soit «favorisée au détriment» du secteur québécois de la forêt.
«Déséquilibre de compétences», selon le libéral Paradis
Le déséquilibre en est «surtout un de compétences» entre les ministres Flaherty et Marceau, a déclaré le libéral Pierre Paradis. Il visait le ministre québécois, qui a raté sa cible de «déficit zéro» de 2,5 milliards $.
M. Paradis soupçonne Nicolas Marceau de chercher à alimenter et à instrumentaliser à des fins politiques des querelles avec Ottawa. 
Sa lecture des choses est aux antipodes de celle du ministre des Finances du Québec. Il nie qu'un déséquilibre fiscal pointe à l'horizon.
Il affirme que les transferts globaux d'Ottawa à Québec ont crû de façon importante ces dernières années, passant de 12 à 19,5 milliards $.