Avec son service de buddha-frigo, un libre-service de repas santé installé à même les entreprises, Christian Genest pense avoir trouvé la bonne recette pour changer la façon dont les gens dinent.

Buddha-Station: le salut est dans le frigo

La vision de Christian Genest était claire quand il a lancé Buddha-Station en 2016. «Depuis le départ, il y a une chose que je sais, c’est que la façon dont les gens mangent en entreprise est brisée. Je voulais régler ça», explique-t-il. Il a pris des chemins de traverse pour y arriver, mais il pense avoir trouvé la recette depuis août dernier, quand il a lancé un service de réfrigérateur en libre-service en entreprise.

«En allant m’asseoir avec des gens dans trois entreprises, j’ai vraiment réalisé que le choix du lunch, c’est un processus instinctif. Les gens décident une demi-heure, voire 15 minutes en avance de ce qu’ils veulent manger», constate Christian Genest. Pour changer les habitudes, il fallait donc trouver une solution extrêmement simple, et abordable. «Pour mettre en échec les options de restauration rapide autour, j’ai eu le flash de la machine à café. Tous les bureaux ont une machine à café. Ça n’empêche pas de sortir parfois au café du coin, mais de base, tu dois pouvoir te dépanner avec la machine à café. Je me suis dit : “Ça prend un frigo avec des buddha-lunchs dans les entreprises”.»

Buddha-Station a donc commencé à tester en août la formule suivante : la compagnie loue un petit réfrigérateur aux entreprises (ou utilise une tablette dans le frigo commun) et le remplit de repas frais et santé conçus pour pouvoir être conservés pendant une semaine. Salades-repas, plats à réchauffer au micro-ondes et soupes où il n’y a qu’à rajouter de l’eau chaude, options végétariennes, végétaliennes et sans gluten : l’employé fait son choix, et paie en direct au moyen d’une application personnalisée à l’entreprise, un prix de 10 à 12 $ taxes incluses. Buddha-Station garde ainsi à l’œil les inventaires et peut s’ajuster rapidement à la demande, pour éviter les surplus et le gaspillage. Qui plus est, les contenants de plastique sont récupérés en entreprise, stérilisés et réutilisés. 

Changer la recette

Quand Christian Genest a lancé Buddha-Station il y a quatre ans, il s’agissait d’abord d’un service de traiteur. Le fondateur de Sushi Taxi, entreprise qu’il a vendue en 2016, a rapidement constaté qu’il en faudrait plus pour changer les habitudes. Il a tenté une autre formule de lunchs en livraison, mais le délai de réception était encore trop long pour répondre aux besoins instinctifs des clients. Il avait aussi ouvert des comptoirs pour assurer une présence physique à son entreprise, une voie qu’il prévoit abandonner à court ou moyen terme, maintenant qu’il pense avoir trouvé la recette gagnante. 

Une chose est restée la même, toutefois : la façon d’assembler les repas. Buddha-Station ne cuisine pas ses repas, mais assemble des aliments préparés par différents fournisseurs. «Ce sont des sous-traitants spécialisés dans leur domaine. Nous, on fait le montage. Tout le monde me pensait mort avec cette façon de faire», raconte Christian Genest. Pour lui, il s’agit toutefois d’une solution gagnante en situation de rareté de main-d’œuvre. Les produits qu’il utilise sont standardisés et ses contrats d’approvisionnements lui assurent des coûts fixes. 

Buddha-Station emploie présentement 39 personnes pour assurer son service, qui a déjà séduit des entreprises comme Frima, Promutuel, BKOM, KPMG et Mondou. Maintenant, l’entreprise peut passer en mode croissance. «On est en explosion», confirme l’homme d’affaires.