Un partisan du Brexit demande la démission de la première ministre britannique, Theresa May.

Brexit: Theresa May à Bruxelles pour une semaine «cruciale»

LONDRES — La première ministre britannique, Theresa May, dont le projet d’accord sur le Brexit négocié avec l’Union européenne est très contesté, retournera à Bruxelles au cours d’une semaine qu’elle annonce «cruciale».

Après une semaine «difficile», de son propre aveu, en raison de la levée de boucliers provoquée par le compromis trouvé avec l’UE, Theresa May a déclaré dimanche à Sky News que les sept prochains jours allaient être «cruciaux».

Elle a indiqué qu’elle irait à Bruxelles rencontrer le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avant le sommet européen prévu pour le 25 novembre qui doit entériner le projet d’accord. Les discussions porteront en particulier sur la «relation future» entre le Royaume-Uni et l’Union européenne après le Brexit, prévu le 29 mars.

Le projet d’accord sur le Brexit a valu à Theresa May plusieurs départs de son gouvernement, motivés notamment par le sort particulier réservé à la province britannique d’Irlande du Nord après la sortie de l’UE.

«Police d’assurance»

Le point le plus controversé est le filet de sécurité, solution de dernier recours prévoyant le maintien de l’ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE. Il prévoit également un alignement réglementaire plus poussé pour l’Irlande du Nord si aucun accord sur la future relation entre Bruxelles et Londres n’était conclu à l’issue d’une période de transition de 21 mois après le Brexit.

Theresa May a tenté de rassurer dimanche, comparant le filet de sécurité à une «police d’assurance».

Vote de défiance

Mais la chef du gouvernement est menacée d’être renversée par un vote de défiance. Celui-ci serait déclenché s’il est demandé par 15 % du groupe conservateur au Parlement, soit 48 députés. «De ce que j’en sais, [ce seuil] n’a pas été atteint», a affirmé dimanche matin la première ministre. Elle a prévenu qu’un changement de leader ne «faciliterait pas les négociations» et risquait de reporter le départ de l’UE.

C’est le député conservateur pro-Brexit Jacob Rees-Mogg, à la tête du puissant groupe parlementaire eurosceptique European Research Group (ERG), qui a lancé la manœuvre, l’accusant d’avoir trahi les promesses faites au peuple britannique.