À l’occasion de son prochain séjour en Corée du Sud, Alexandrine Huot ira rencontrer des chercheurs universitaires pour présenter les produits de Telops et pour faire la démonstration de leurs nombreuses applications. On la voit ici avec Vincent Farley, gestionnaire du développement des affaires chez Telops.

Brasser des affaires en Corée du Sud (2)

Telops: une entrée à petits pas

Il y a quelques mois, Alexandrine Huot effectuait sa première mission en Corée du Sud. Elle y retournera en juin prochain.

La jeune femme est une scientifique d’applications.

Elle besogne pour Telops, une entreprise de Québec spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation de caméras infrarouges scientifiques qui détectent l’indétectable. Ou presque. Des appareils haut de gamme — le prix d’une camera infrarouge varie entre 50 000 $ et 150 000 $ — qui permettent notamment de repérer les fuites de gaz ou d’autres combustibles.

À l’occasion de son prochain séjour en Corée du Sud, Alexandrine Huot ira rencontrer des chercheurs universitaires pour présenter les produits de Telops et pour faire la démonstration de leurs nombreuses applications.

Lors de sa mission précédente, la chimiste était l’invitée de l’un des clients de Telops pour informer les utilisateurs de telles caméras des dernières avancées technologiques.
«Non, je ne parle pas le coréen. Il y a toujours un traducteur dans le groupe. En général, nous réussissons à nous comprendre dans la langue de Shakespeare», indique Alexandrine Huot.

Il y a déjà une dizaine d’années que Telops a fait son entrée en Corée du Sud.

Sa présence s’est accrue à compter de 2010 alors que l’entreprise québécoise a lancé sa nouvelle gamme de caméras infrarouges destinées aux marchés de la défense, de l’environnement, de la recherche académique ainsi qu’au secteur industriel.

«Avant 2010, nous cherchions surtout à nous faire connaître en sol sud-coréen. Nous participions à des conférences spécialisées et à des foires commerciales», explique Vincent Farley, gestionnaire du développement des affaires chez Telops. «Nous avions déjà commencé à trouver des clients pour d’autres produits que nous offrions à l’époque. Avec nos nouvelles caméras infrarouges, nous avons réussi à attirer l’attention de distributeurs qui nous ont ouvert les portes des centres de recherche, des universités, des entreprises privées et du ministère de la Défense de la Corée du Sud.»

Pour ce dernier client, Telops a livré, l’automne dernier, un système de caméras à haute sensibilité d’une valeur d’un million $.

Un marché «nettement en croissance»

Le marché sud-coréen représente à peine 5 % du chiffre d’affaires de Telops qui fait travailler 60 personnes. Loin derrière les États-Unis et la Chine.

«Pour nous, il s’agit d’un marché qui est nettement en croissance», a tenu à préciser Vincent Farley. «Il se fait beaucoup de bouche à oreille. Un client qui apprécie notre produit va le dire à son voisin.»

«En allant rencontrer les étudiants et les chercheurs dans les universités, nous visons à sensibiliser ceux et celles qui, un jour, iront travailler dans les entreprises et se souviendront qu’une entreprise du Québec possède peut-être le produit tant recherché», exprime Alexandrine Huot.

Vincent Farley s’est rendu en Corée du Sud à de nombreuses reprises.

«Là-bas, tu fais de longues journées. Le 9 à 9 dans les entreprises, c’est monnaie courante. Il n’est pas rare que tu ailles rencontrer un client à son entreprise en début de soirée. À ce moment-là, ça ne fait que commencer! Après les affaires, c’est le moment de la bonne bouffe. Et les soirées sont généralement bien arrosées! Disons que les Sud-Coréens sont très hospitaliers avec la visite. Ils sont durs à battre à ce chapitre.»

L'économie sud-coréenne...en quelques points

* Population : 50,6 millions.

* Près de 50 % des Coréens possèdent un diplôme universitaire.

* À moins de trois heures et demie de Séoul, la capitale, il y a 600 millions d’habitants (soit 32 % de la population mondiale) et 61 villes de plus d’un million de résidents.

* La Corée du Sud est la 11e puissance économique sur la planète. Le pays est le 6e exportateur et le 9e importateur au monde.

* Les grands secteurs de l’économie coréenne : l’électronique, la construction automobile, la sidérurgie, les technologies de l’information et de la communication, la robotique, la construction navale, la pharmaceutique et les raffineries.

* Les chaebols occupent une place prédominante dans l’économie sud-coréenne. Il s’agit de grands conglomérats formés d’entreprises positionnées dans des domaines variés et qui entretiennent entre elles des participations croisées. Les chaebols sont détenus, contrôlés ou gérés par des grandes familles industrielles. Samsung, Hyundai, LG Group sont les plus connus. Si elles ont été le moteur de croissance de l’économie sud-coréenne, ces multinationales sont aussi impliquées dans des affaires de corruption. Leur puissance absolue a littéralement étouffé les petites et moyennes entreprises.

* La croissance de l’économie coréenne a été l’une des plus dynamiques au monde au cours du dernier quart de siècle. Entre 1991 et 2016, le taux de croissance annuel moyen du PIB était de 5,1 %. Il était supérieur à celui de l’économie mondiale (3,4 %), mais légèrement inférieur à celui des économies émergentes et en développement de l’Asie.

* Les dernières années ont toutefois été plus difficiles pour l’économie de la Corée du Sud. Elle tourne au ralenti depuis 2012 en raison notamment de la baisse des exportations et  de la chute de la consommation intérieure en raison du haut taux d’endettement de la population. La détérioration des relations avec la Chine – le premier partenaire de la Corée du Sud – a fait mal à l’économie du pays qui a également encaissé les contrecoups d’un scandale politique menant à la destitution de la présidente Park Geun-hye.

* L’économie coréenne tourne malgré tout à un bon régime. La croissance du PIB réel était de 2,8 % en 2016. Le taux d’inflation affichait 1 %. Celui du chômage, 3,7 %. Le Fonds monétaire international prévoit des taux de croissance de 2,7 % en 2017, de 2,8 % en 2018 et de 3 % en 2019. L’été dernier, le gouvernement du président progressiste Moon Jae-in annonçait un ambitieux projet de relance économique et promettait une réforme des chaebols afin de susciter une saine concurrence entre les entreprises, petites et grandes.

La Corée du sud et nous

* La Corée du Sud est le 7e partenaire commercial du Canada dans le monde et son troisième en Asie, après la Chine et le Japon. En 2016, la valeur des échanges de marchandises entre les deux pays s’élevait à 15 milliards $. Les exportations canadiennes affichaient 4,4 milliards $ alors que les importations de marchandises sud-coréennes atteignaient 10,6 milliards $.

* L’Accord de libre-échange Canada-Corée est entré en vigueur en 2015.  Un an plus tard, les deux pays ont conclu un accord afin d’accroître leur coopération en matière de science, de technologie et d’innovation.

* Pour le Québec, la Corée du Sud est son 11e plus important partenaire commercial. En 2016, les échanges commerciaux de marchandises se chiffraient à 2,1 milliards $. La valeur des exportations québécoises était de 646,5 millions $ et celle des importations coréennes de 1,5 milliard $.
 
* Le Québec exporte principalement du minerai de fer (37 %), des pâtes chimiques de bois (7 %) et de la viande de porc (5 %) alors que la Corée du Sud expédie dans la Belle Province des voitures de tourisme et autres types de véhicules (49 %), de l’argent sous forme brute, mi-ouvrée ou en poudre (15 %) et des circuits intégrés et des micro-assemblages électroniques (1 %).