Le nombre d'accidents indemnisés a chuté de 1447 à 90 entre 1987 et 2014.

Bras de fer minier

La ministre responsable du Travail, Dominique Vien, demande à l'Association minière du Québec (AMQ) de retourner siéger aux différents comités paritaires de travail de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui traitent, entre autres, des explosifs et des effondrements dans les mines souterraines.
«Ce n'est pas parce qu'un dossier est débattu devant un tribunal administratif que ça doit bloquer les travaux de ces comités», a fait savoir la ministre Vien par l'entremise de son attaché de presse, Florent Tanlet. «Surtout que ces comités traitent de la santé et de la sécurité des mineurs.»
À la suite du décès d'un travailleur, dimanche, à la mine Kiena Wesdome, de Val-D'Or, et de l'effondrement de terrain, dans les heures précédentes, à la mine Westwood d'IamGold, aussi en Abitibi-Témiscamingue, qui a fait trois blessés, les dirigeants du Syndicat des Métallos (FTQ) et de la Fédération de l'industrie manufacturière (CSN) se sont fait entendre, mardi, devant les bureaux de l'AMQ à la Place de la Cité à Québec.
Ils accusent le lobby des minières de boycotter les travaux des comités de travail depuis un an sous prétexte qu'elles n'ont pas dirigé une ordonnance de la CNESST concernant l'utilisation des charges explosives. 
«L'AMQ doit cesser ses enfantillages et ses avocasseries et reprendre le dialogue avec les syndicats», a plaidé le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau, en soulignant que si le nombre d'accidents indemnisés avait chuté de 1447 à 90 entre 1987 et 2014 «c'était en raison du paritarisme qui a fait ses preuves dans le secteur minier au Québec depuis 40 ans».
Au Soleil, la pdg de l'AMQ, Josée Méthot, a indiqué que la cause débattue devant le Tribunal du travail mobilisait actuellement toutes ses ressources. Elle ne peut les affecter à la poursuite des travaux des différents comités.
«Ça ne veut pas dire que les minières ne sont pas vigilantes en matière de santé et de sécurité», a-t-elle insisté en déplorant la sortie publique des syndicats «qui laissent planer le doute sur les conditions de travail et la sécurité dans le secteur minier au Québec». «Jamais au grand jamais, les minières ne mettront en danger leurs travailleurs.»
L'AMQ a été contacté, au cours de la journée de mardi, par la CNESST pour discuter du fonctionnement des rencontres des différents comités.