Les Maple Leafs de Toronto (1,4 G$US) et le Canadien de Montréal (1,25 G$US) sont respectivement les deuxième et troisième équipes qui valent le plus dans la LNH.

Bond de 15 % du prix moyen d’une équipe de la LNH en un an

Le prix moyen d’une équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH) a grimpé de 15 % entre 2016 et 2017, pour atteindre 594 millions $US, selon le magazine Forbes. Il s’agit de la plus importante hausse en trois ans. Une mauvaise nouvelle pour Québec qui espère toujours le retour des Nordiques?

Mardi, le magazine américain a dévoilé son classement annuel de la valeur des franchises du circuit Bettman. Pour une troisième année consécutive, les Rangers de New York (1,5 milliard $US) occupent le sommet, suivi des Maple Leafs de Toronto (1,4 milliard $US) — qui ont gagné un échelon — et du Canadien de Montréal (1,25 milliard $US). Avec les Blackhawks de Chicago (1 milliard $US), ce quatuor forme «le club des milliardaires» en terme de valeur. 

Le petit nouveau dans la ligue, les Golden Knights de Vegas, arrive au 14rang, en raison du prix payé pour l’équipe. Rappelons que Bill Foley et ses associés ont déboursé 500 millions $US pour obtenir un club dans la ville du vice. Il bataillait contre Québec et le groupe Québecor.

Selon le taux de change du jour, le retour des Nordiques, via une expansion, coûterait aujourd’hui environ 755 millions $CAN au Groupe Québecor. Il s’agit d’une importante augmentation si on la compare à l’année du début des travaux pour l’amphithéâtre de Québec, soit en 2012. Selon Forbes, la valeur moyenne d’une équipe professionnelle était alors de 282 millions $US (358 millions $CAN). L’an dernier, la valeur moyenne d’une équipe était de 517 millions $.

Pas de surprise

Pour le professeur en marketing de l’Université Laval, Frank Pons, ces données n’ont rien de surprenant. La Ligue est en santé.

«La franchise de Las Vegas va très bien. Il y a beaucoup d’intérêt et de visibilité. Il n’y aura pas d’effondrement de la valeur de cette équipe. Il faut toutefois tenir compte de l’effet de nouveauté. Mais en gros, c’est très logique qu’il y ait une augmentation à travers la LNH, malgré le fait que plusieurs équipes éprouvent des difficultés au niveau de la billetterie», indique au Soleil l’expert. «Ce qui explique en partie cette augmentation, c’est qu’il y a des marchés qui sont prêts à payer un prix comme pour Vegas et même plus, comme peut-être Seattle ou Houston. De plus, on sait que la prochaine équipe devrait être dans l’ouest», poursuit-il.

Ce dernier concède que Québec devra batailler très fort pour attirer l’attention du commissaire Gary Bettman. Il estime toutefois que le projet est toujours possible. 

D’ailleurs, cette semaine, on apprenait qu’un protocole d’entente entre la Ville de Seattle et le groupe Oak View pour rénover le KeyArena avait été approuvé. La facture devrait avoisiner les 600 millions $. L’objectif est d’attirer une franchise de la LNH et une équipe de basketball de la NBA.

Selon le directeur de l’Observatoire International en Management du Sport à l’Université Laval, malgré une hausse de 6,7 %, la valeur du huard (0,79 $US) par rapport au dollar du pays de Donald Trump mine actuellement les chances de Québec. 

«Tant qu’il va y avoir des endroits qui peuvent rapporter à la Ligue plus qu’à Québec, c’est certain que la direction va choisir les autres villes. Nous ne sommes pas dans une logique d’émotion, mais bien de business. [...] Il ne faut pas oublier qu’un dollar sous la barre des 80 cents, c’est souvent à ce moment que la plupart des équipes ont déménagé», avance-t-il, estimant tout de même qu’une formation dans la capitale passera davantage par un déménagement. «C’est la solution magique... Québec serait l’endroit idéal, car il y a déjà une certaine expertise et l’aréna. Mais la réalité, c’est que la Ligue ne veut plus déménager d’équipe, car cela cause du tort en terme de stabilité et de visibilité», ajoute-t-il.

En 2011, les Thrashers d’Atlanta avaient été acquis et transférés à Winnipeg pour 170 millions $. L’équipe vaut aujourd’hui aux alentours de 375 millions $ (+ 10 %).

Quant aux équipes d’expansion, outre Las Vegas, la dernière cuvée annoncée remontait en 1996. Les Trashers d’Atlanta, les Blue Jackets de Columbus, le Wild du Minnesota et les Predators de Nashville avaient vu le jour les années suivantes. La facture pour un club était de 80 millions $.

Récentes transactions

Selon Forbes, l’une des raisons qui expliquent cette hausse de la valeur des équipes est les récentes transactions dans le monde du sport, notamment la vente des Rockets de Houston (NBA) pour 2,2 milliards $US et celle des Marlins de Miami (MLB) pour 1,2 milliard $US.

Dans le classement, les Coyotes de l’Arizona arrivent au 31et dernier rang de la Ligue avec une valeur de 300 millions $ (+ 25 %). Seulement 14 franchises sur 31 ont une valeur supérieure ou égale à 500 millions $.

L’an dernier, huit formations ont perdu de l’argent, dont les Coyotes de l’Arizona (- 19 millions $US), les Sabres de Buffalo (- 13 millions $US) et les Panthers de la Floride (- 11 millions $US).