PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE---Le 1er vol inaugural du premier avion CSeries de Bombardier (Usine de Bombardier). -30-Référence# 623568

Bombardier supprime 1700 emplois

Aux prises avec des retards dans les programmes de ses nouveaux avions, Bombardier supprime 1700 emplois, dont la majorité à Montréal et Mirabel, afin de tenter de réduire ses coûts.
L'avionneur a fait part de cette décision mardi et les employés concernés devraient être avertis au cours des prochaines semaines, a indiqué une porte-parole, Haley Dunne.
Quelque 1100 des 22 200 employés canadiens de l'entreprise sont affectés. Aux États-Unis, cette décision concerne 600 des 5700 travailleurs de Bombardier.
L'avionneur québécois a justifié sa décision en évoquant l'importance de réduire ses dépenses, notamment dans la foulée des récents retards dans ses programmes de la CSeries ainsi que du Learjet 85.
«Depuis 2012, nous avons mis en application diverses mesures partout (pour réduire les dépenses) parce que nous faisons des investissements majeurs dans nos programmes et afin d'améliorer nos installations», a expliqué Mme Dunne en entrevue.
Les suppressions d'emplois concernent des syndiqués ainsi que des cadres. Les 300 postes éliminés par l'entreprise en décembre sont compris dans les 1700 supprimés.
Les travailleurs licenciés auront cependant la possibilité de postuler pour des postes actuellement vacants au sein de l'entreprise.
«Il y a quelques centaines de postes vacants et nous allons tenter de pourvoir ces postes par les employés affectés si leur profil correspond à ce que nous cherchons», a précisé la porte-parole de Bombardier.
Mme Dunne a refusé d'énumérer les types d'emplois qui seront touchés, affirmant que certains travailleurs concernés par les licenciements n'avaient pas été rencontrés.
Toutefois, selon le représentant spécial pour le Syndicat des machinistes (affilié à Fédération des travailleurs du Québec) qui représente plusieurs syndiqués de Bombardier, David Chartrand, l'annonce semble moins dramatique dans les faits qu'elle ne le paraît à première vue.
«Il y a 300 (emplois) là-dedans qui sont des temporaires embauchés par l'employeur, a-t-il affirmé. La majorité de ces 1100 emplois, ce sont des gens qui sont dans les bureaux, qui sont des ingénieurs embauchés pour une période de temps déterminée.»
Selon lui, les travailleurs syndiqués de Bombardier devraient s'en tirer et même être rappelés plus tard cette année.
«Nous, les employés syndiqués, on parle d'environ 250 personnes qui vont quitter d'ici le mois de mai, de façon temporaire, a-t-il expliqué en entrevue. Là-dedans, il y a beaucoup d'employés qui devraient être rappelés.
«Pour l'instant, il y a des retards dans certains programmes (CSeries et Learjet 85) et il y a actuellement un peu moins de travail», a ajouté M. Chartrand.
Bombardier a indiqué que sa décision de mardi ne concernait pas ses travailleurs au Mexique ainsi qu'en Irlande du Nord.
Mauvaise série
Cette annonce survient dans la foulée de récentes mauvaises nouvelles pour l'avionneur.
La semaine dernière, Bombardier a annoncé que les premières livraisons de ses nouveaux CSeries, prévues à l'automne, n'auraient pas lieu avant la deuxième moitié de 2015, soit plusieurs mois après l'échéancier prévu.
L'entreprise avait cependant indiqué que les coûts de ce programme étaient toujours estimés à quelque 3,4 milliards $ US et que cette décision ne devrait pas se traduire par des suppressions d'emplois à court terme.
Lundi, on apprenait que le carnet de commandes de l'entreprise en ce qui a trait aux avions commerciaux et d'affaires avait fondu de 19 % de 2012 à 2013.
À la Bourse de Toronto, en mi-journée, l'action de Bombardier cédait cinq cents, à 4,06 $.