Bombardier-Alstom obtient le contrat de fabrication de 153 voitures Azur additionnelles au métro de Montréal, ce qui procurera de l’em­ploi à 170 personnes à La Pocatière.

Bombardier: soupir de soulagement à La Pocatière

LA POCATIÈRE — L’ambiance était à la fête à l’usine de Bombardier de La Pocatière et dans le Kamouraska, lundi, après l’annonce de la conclusion du contrat d’achat de 153 nouvelles voitures Azur destinées au métro de Montréal. Les élus et quelque 700 familles de la région, qui dépendent des emplois directs et indirects du manufacturier, peuvent enfin pousser un soupir de soulagement.

Du côté des employés, la nouvelle a été accueillie comme une bouffée d’air frais. «On est soulagés», a laissé tomber le tout nouveau président du syndicat des travailleurs de l’usine Bombardier de La Pocatière, entouré de quelques centaines de collègues qui avaient été invités à arrêter la chaîne de production pour venir entendre la bonne nouvelle. «Ça fait longtemps qu’on attendait après ce dénouement!» Pour Claude Michaud, cette annonce signifie la pérennité d’environ 170 emplois jusqu’en 2021. 

«Je suis très content, s’est exprimé, pour sa part, le préfet du Kamouraska, Yvon Soucy. L’usine Bombardier de La Pocatière, on le dit souvent, a un peu un effet de symbole. C’est la structure économique en termes industriels au Kamouraska. Il y a plusieurs choses qui gravitent autour. Malgré le fait qu’on ait beaucoup diversifié notre économie, ça demeure un moteur important. Cette menace-là, qui planait toujours au-dessus de nos têtes, elle va être maintenant derrière nous pour quelques années.» 

Selon l’élu, ça donnera le temps à l’entreprise et à la région de se positionner pour assurer leur avenir. «Il y a de belles opportunités qui s’en viennent», assure M. Soucy. «Je pense qu’on a toujours fait preuve d’ingéniosité, au Kamouraska et à La Pocatière. Donc, je crois qu’on va être capables de tirer notre épingle du jeu et d’obtenir notre part de contrats dans les prochaines années, tant au Québec qu’au Canada et qui sait, peut-être aux États-Unis aussi.»

Le maire heureux

Le maire de La Pocatière n’en était pas moins heureux. Pour lui, c’est la fin d’un long combat qui a duré plusieurs années. À son avis, c’est le résultat d’une vaste mobilisation régionale qui a été exercée auprès des gouvernements. «On a fait de la représentation et je crois qu’on a été écoutés», estime Sylvain Hudon. «On a mis l’accent sur le contenu local et canadien. Je pense qu’il faut continuer à faire des pressions là-dessus. Le travail qu’on a fait est exceptionnel. Je pense que le message est passé au gouvernement. Quand il y a eu les élections, ça a été un enjeu, ici, pour tous les partis politiques.» Le maire croit aussi que ce contrat confirme l’excellence de l’usine et de son personnel.

Sans ce nouveau contrat, 250 emplois sur un total de 500 étaient menacés à l’usine de La Pocatière. Avec l’annonce de lundi, 170 personnes conserveront leur emploi. Par conséquent, la direction de Bombardier Transport prévoit tout de même mettre à pied près de 100 travailleurs. «Du côté syndical, on pousse avec l’employeur pour attirer le plus d’emplois ici, pour avoir zéro personne mise à pied», s’empresse d’indiquer le président du syndicat. M. Michaud croit y arriver grâce à la réputation de l’usine, «avec les contrats qu’on livre à temps et le très bon service qu’on offre».

«Je sais que l’usine travaille pour d’autres contrats, valide le préfet Soucy. Actuellement, on est rassurés et on démontre aussi la capacité de l’usine de La Pocatière de se diversifier.»

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UN SOUTIEN STRATÉGIQUE

LA POCATIÈRE — En soutenant financièrement Bombardier Transport pour la construction de 153 voitures pour le métro de Montréal, la ministre du Revenu national y voit une mesure stratégique d’Ottawa en matière environnementale. 

«Même les statistiques le montrent», souligne Diane Lebouthillier. «Il y a de moins en moins de jeunes intéressés à avoir un permis de conduire. Ils ont besoin de transports en commun. On a aussi une population qui vieillit. Les personnes âgées, à un certain moment, sont à risque de ne plus avoir de permis de conduire. Donc, ils ont besoin de transports en commun. Je suis convaincue que l’avenir est à Bombardier au Québec, au Canada et à l’international!»

Pour la parlementaire, investir dans la fabrication de nouvelles voitures de métro confirme l’importance «de se positionner pour protéger l’environnement.»