Bombardier affirme qu’Air Baltic a signé un contrat d’achat de 30 appareils CS300 avec une option pour 30 avions de plus.

Bombardier signe avec Air Baltic

En plus d’avoir procédé ce week-end au dévoilement de deux avions d’affaires Global secrètement développés, Bombardier a conclu une nouvelle entente avec Air Baltic, qui pourrait acheter jusqu’à 60 appareils du C Series.

Le transporteur letton deviendra le plus important client européen de cette famille d’avions et le deuxième à l’échelle mondiale grâce à cette commande ferme pour 30 avions CS300 avec des options pour 30 appareils supplémentaires.

Ces avions s’ajouteront aux 20 C Series déjà commandés par Air Baltic, qui en exploite actuellement huit. Client depuis 2012, le transporteur a été le premier à prendre livraison d’un CS300.

«Opter pour les avions C Series avant les autres transporteurs était une décision visionnaire, qui consistait à miser sur la technologie de pointe pour appuyer notre plan de redressement menant à assurer une rentabilité durable», a souligné lundi le chef de la direction du transporteur, Martin Gauss.

Selon les prix du catalogue, la partie ferme de la commande est évaluée à 3,8 milliards $ US. La valeur pourrait doubler si Air Baltic exerçait toutes les options. Toutefois, les compagnies aériennes paient beaucoup moins que les prix affichés. Les livraisons devraient débuter au début du quatrième trimestre de l’exercice 2019.

Cette commande est annoncée alors que Bombardier s’apprête à céder les commandes du C Series à Airbus, qui deviendra l’actionnaire majoritaire de ce programme en vertu d’un partenariat annoncé à l’automne.

Elle permettra à Air Baltic d’exploiter 80 avions CS300 à terme, puisqu’au cours des trois prochaines années, le transporteur se délestera progressivement des avions d’autres constructeurs qui se trouvent actuellement dans sa flotte.

Selon David Tyerman, de Cormark Securities, le contrat vient démontrer l’impact que peut avoir Airbus derrière un programme comme celui du C Series.

«À mon avis, cela suggère que cet avion va beaucoup mieux se vendre avec l’avionneur européen comme actionnaire majoritaire», a expliqué l’analyste, au cours d’un entretien téléphonique.

Nouveaux produits

Parallèlement, dans le cadre du salon européen de l’aviation d’affaires Ebace, à Genève, en Suisse, a dévoilé dimanche les jets d’affaires Global 5500 et 6500, qui peuvent notamment parcourir de plus longues distances que les Global 5000 et 6000.

Les prix du catalogue sont respectivement de 46 millions $ US et 56 millions $ US.

Un nouveau moteur construit par Rolls-Royce devrait procurer des économies de carburant pouvant atteindre 13 %. Bombardier a également modifié les ailes, les cabines ainsi que les systèmes avioniques des deux appareils présentés.

«Perdre un client coûte très cher dans le secteur des avions d’affaires en général, a dit un porte-parole de l’avionneur québécois, Mark Masluch, au cours d’un entretien téléphonique. On se doit de les garder et d’aller en chercher des nouveaux.»

Des essais en vol ont eu lieu en février dernier aux installations de la multinationale situées à Wichita, dans l’État du Kansas. Ces deux modèles devraient entrer en service avant la fin de 2019.

Selon M. Tyerman, ces deux nouveaux avions d’affaires témoignent des efforts de Bombardier pour mieux rivaliser avec les nouveaux produits de Gulfstream - son principal concurrent dans le secteur des avions d’affaires.

«Je ne suis pas certain que l’entreprise a voulu améliorer ses chances pour réaliser de nouvelles ventes ou s’il s’agit d’une course entre différents joueurs et que [de nouveaux produits] constituent le prix à payer pour y rester», a-t-il estimé.

De son côté, Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, a indiqué dans une note que les Global 5500 et 6500 faisaient partie des prévisions de livraisons de Bombardier, ce qui témoigne de l’optimisme de l’avionneur à l’endroit du marché des jets d’affaires.

L’analyste croit notamment que ces nouveaux appareils procurent à l’entreprise une bonne occasion de mettre à profit ses investissements antérieurs dans le programme du Global 7000, qui doit entrer en service cette année et dont le nom a été modifié pour Global 7500.