«Les discussions sont toujours en cours» avec Bombardier, a-t-on indiqué lundi au bureau du ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains.

Bombardier perd 490 millions $US

Bombardier (TSX : BBD.B) a affiché une perte nette avoisinant le demi-milliard de dollars américains au deuxième trimestre, notamment en raison des rabais consentis pour vendre le CSeries et de l'accélération de la cadence de production de cet avion commercial.
Malgré tout, son président et chef de la direction, Alain Bellemare, a estimé vendredi qu'il s'agissait d'un «trimestre charnière», puisque le programme CSeries a commencé à générer des revenus.
En dressant le bilan des trois mois terminés le 30 juin, la direction de Bombardier a surtout été questionnée par les analystes sur les ventes de CSeries, d'une potentielle aide fédérale et les conditions de marché pour les avions d'affaires.
Pas de terrain d'entente avec Ottawa
Après avoir reçu un premier versement de 500 millions $US du gouvernement québécois, Bombardier continue de discuter avec le gouvernement fédéral dans l'espoir d'obtenir un appui financier.
À la seule question qui lui a été posée sur le sujet par un analyste, M. Bellemare s'est limité à dire qu'il s'agissait d'un «dossier complexe».
«Nous verrons où cela nous mènera, a dit le grand patron de la multinationale. Nous tentons de trouver une solution gagnante pour tout le monde.»
Grâce à l'investissement de Québec, en échange d'une participation de 49,5 % dans le programme CSeries, Bombardier dit avoir des liquidités de 4,9 milliards $US. La province versera la deuxième tranche de 500 millions $US en septembre.
Résultats conformes malgré des pertes
Pour le deuxième trimestre, le constructeur d'avions et de trains a inscrit une perte de 490 millions $US, ou 24 ¢US par action, par rapport à un profit de 125 millions $US, ou 6 ¢US par action, il y a un an.
Abstraction faite des éléments non récurrents, l'entreprise a affiché une perte ajustée de 83 millions $US, ou 6 ¢US par action, en comparaison avec un bénéfice de 145 millions $US, ou 6 ¢US, au deuxième trimestre de l'exercice précédent.
Les revenus ont fléchi de 6,5 %, à 4,3 milliards $US. Le plus important recul a été constaté du côté des avions d'affaires, où les recettes ont été de 1,47 milliard $US, en baisse de 18 %.
Les analystes sondés par Thomson Reuters tablaient sur une perte ajustée par action de 5 ¢US ainsi qu'un chiffre d'affaires de 4,17 milliards $US.
«Nous avons pris des décisions difficiles au cours des 12 derniers mois», a reconnu M. Bellemare, qui continue de croire que le redressement de la multinationale sera complété d'ici 2020.
L'entreprise a également réitéré ses prévisions pour l'exercice. Ses revenus devraient osciller entre 16,5 milliards $US et 17,5 milliards $US alors que la fourchette du bénéfice d'exploitation ajusté devrait varier entre 200 millions $US et 400 millions $US.
Moins d'avions CSeries pour un important client
<p>Après la livraison du premier avion le mois dernier, celle du deuxième avion CS100 à Swiss est prévue ce mois-ci.</p>
Après les commandes majeures de Delta Air Lines (NYSE : DEL) et Air Canada (TSX : AC), le programme CSeries a vu l'un de ses importants clients, la compagnie de location russe Ilyushin Finance, réviser à la baisse son contrat en raison d'une demande plus faible.
Ainsi, les 32 commandes fermes de CS300 assorties de 10 options deviennent 20 commandes fermes de CS300 et un Q400 avec des options pour cinq avions Q400 supplémentaires.
En tenant compte du premier appareil livré à Swiss International Airlines en juin, Bombardier compte désormais 357 commandes fermes d'avions CSeries. De ce nombre, il faudra probablement rayer la commande ferme de 40 CS300 placée par Republic Airways, qui se trouve sous la protection du chapitre 11 de la Loi sur les faillites aux États-Unis.
La décision d'Ilyushin Finance n'a pas ébranlé l'optimisme du président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, qui s'attend à d'autres commandes pendant la deuxième moitié de l'année.
«Nous avons eu de bonnes discussions avec des clients potentiels, a-t-il dit aux analystes. Le ton a vraiment changé. Les transporteurs peuvent maintenant constater les avantages des CSeries.»
Bombardier devrait assembler quelque 15 CSeries cette année et la production devrait osciller entre 30 et 40 appareils en 2017. La livraison du deuxième CS100 à Swiss est prévue ce mois-ci.
L'entreprise a inscrit dans ses résultats une provision de 492 millions $US pour des contrats, ce qui est en partie attribuable aux rabais accordés à des clients comme Air Canada et Delta.
Marché déprimé de l'aviation d'affaires
Bombardier a livré 73 avions d'affaires au cours du trimestre et prévoit toujours 150 livraisons pour l'exercice, ce qui a été bien accueilli par les analystes.
Cependant, en évoquant des conditions de marché plus difficiles à court terme, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, a laissé planer le doute sur l'avenir du
Learjet 75 - pouvant accueillir entre six et huit passagers.
«Nous allons demeurer à l'écoute du marché et tenter de mousser les ventes et nous verrons ensuite», a affirmé le président et chef de la direction en réponse à un analyste sur l'avenir du Learjet 75.
En 2015, le programme du Learjet 85 avait été mis sur la glace par Bombardier en raison des conditions de marché.
Par ailleurs, M. Bellemare a réitéré que Bombardier n'avait aucunement l'intention, pour l'instant, d'abandonner le développement de l'avion d'affaires 8000, contrairement à ce qu'avait rapporté le Wall Street Journal plus tôt cette année.
«Pour le moment, nous mettons l'accent sur le Global 7000 [dont les première livraisons ont été repoussées à 2018], a-t-il affirmé. Nous réévaluerons la situation une fois que nous serons plus avancés.»
Jusqu'ici, Bombardier a effectué près de 60 % des 1750 mises à pied annoncées au printemps 2015, ce qui s'est traduit par une charge de 44 millions $US au deuxième trimestre.
Malgré la faiblesse actuelle de la demande, M. Bellemare dit ne prévoir aucun autre «ajustement significatif» de personnel. Tant Unifor que l'Association internationale des machinistes et travailleurs de l'aérospatiale affirment n'avoir rien entendu à cet effet.