Le véhicule léger sur rail FLEXITY Freedom actuellement en production pour Edmonton.

Bombardier intéressé par le tramway

Alors que les plans seront dévoilés vendredi, le tramway du maire Labeaume suscite déjà de l’intérêt chez Bombardier Transport. Un projet de 2,9 milliards $ qui pourrait assurer du travail aux employés de l’usine de La Pocatière durant plusieurs années.

«Nous serions fiers d’y participer. Nous avons la présence au Canada et au Québec la plus significative parmi les entreprises de rails à travers le monde», indique au Soleil le porte-parole de Bombardier Transport, Éric Prud’Homme. Ce dernier ne cache pas que ses patrons seront attentifs à cette annonce du maire Régis Labeaume en compagnie du premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

Si Bombardier obtenait ce contrat, la société n’en serait pas à son premier rodéo du genre. Elle a notamment dans son portfolio un produit baptisé Flexity. À travers le pays, ces véhicules légers sur rail sont présents à Toronto et la compagnie travaille actuellement sur un développement du côté d’Edmonton.

«C’est un produit adapté au transport urbain. Il circule actuellement dans plus de 30 villes et 12 pays à travers le monde. Nous avons 3000 véhicules Flexity qui ont été commandés ou qui sont déjà en service commercial, à Berlin, à Vienne, à Istanbul, à Bruxelles, à Cracovie...», fait valoir M. Prud’Homme. «C’est un produit très apprécié avec un plancher très bas qui facilite l’accès aux personnes à mobilité réduite ou avec des poussettes pour les enfants. [...] C’est un produit européen qui fait ses preuves en Amérique du Nord», poursuit-il.

Bombardier Transport réalise la construction des trains, mais assure aussi l’entretien et la gestion des réseaux. En 2017, le constructeur avait éprouvé des difficultés à livrer dans les temps ses trains légers sur rail dans la capitale ontarienne. D’ailleurs, la société avait vu son contrat amputé de moitié. Aujourd’hui, environ 1000 employés veillent au bon fonctionnement des installations dans la Ville reine.

Pour soutenir l’usine de La Pocatière

Tout en affirmant que son entreprise devra avant toute chose prendre connaissance du projet de Québec dans son ensemble, le porte-parole de la multinationale concède que l’obtention d’un tel contrat pourrait donner du travail aux employés de l’usine de La Pocatière. Si tout se déroulait selon les plans de l’administration Labeaume, le chantier devrait s’échelonner de 2020 à 2025. On parle ici d’une ligne de tramway de 23 kilomètres de long.

«Pour notre projet de Flexity en l’Ontario, nous avons optimisé nos opérations sur nos sites au Québec et en Ontario», note M. Prud’Homme. «C’est certain que l’option d’utiliser nos installations de La Pocatière pour réaliser un projet du genre va être sur la planche à dessin. [...] La région de La Pocatière participe déjà à des projets de tramway, notamment celui de Toronto. Définitivement, cette usine pourrait faire partie du plan de match. Nous sommes toutefois dans l’hypothétique, car nous n’avons pas encore vu les plans», poursuit-il.

Rappelons que 300 des 600 travailleurs de l’usine de La Pocatière pourraient se retrouver sur le chômage d’ici la fin de l’année. Le carnet de commandes de l’établissement est vide. La livraison des derniers véhicules AZUR pour le métro de Montréal est prévue pour l’automne. Afin de sauver les emplois, le gouvernement libéral a fait savoir au cours des dernières semaines qu’il pourrait devancer le remplacement de certaines voitures du métro de Montréal qui datent des années 70. Aucune décision n’a encore été prise.

Récemment, Bombardier Transport s’est fait couper l’herbe sous le pied par Alstom Transport Canada et SNC-Lavalin pour la construction du Réseau express métropolitain de Montréal (REM). Un projet de 6,3 milliards $.

On peut de nouveau penser que le géant français Alstom pourrait être en lice pour réaliser le projet de tramway de Québec, comme plusieurs autres grands joueurs de l’Asie.