Philippe Couillard et Jacques Daoust ont rencontré la presse parlementaire.

Bombardier est dans une «phase de croissance», selon Couillard

Malgré la perte de 2400 emplois chez nous, Bombardier est dans «une nouvelle phase de croissance» dont le gouvernement du Québec profitera grâce à la CSeries, soutient Philippe Couillard.
Après les sympathies d'usage envers les travailleurs menacés, mercredi, le premier ministre s'est concentré sur la «bonne nouvelle» du jour: la lettre d'intention d'Air Canada pour l'achat de 45 appareils de la CSeries, et une option d'achat sur 30 autres.
«Les commandes de la Série C représentent plusieurs milliards de dollars, a déclaré M. Couillard. C'est un impact majeur. Il faut se réjouir de ça, malgré les pertes d'emplois. C'est une bonne nouvelle pour le secteur aéronautique.»
Une participation gouvernementale de 1,3 milliard $ a été faite dans une coentreprise avec Bombardier pour le développement de la CSeries. Une décision critiquée par les oppositions qui auraient souhaité une prise de participation dans l'ensemble de Bombardier.
Le premier ministre soutient que le Québec a gagné en influence grâce à cet investissement qui permettrait notamment d'assurer le maintien de la production des avions à Montréal.
«Ça nous dit que la décision du gouvernement d'investir dans la Série C était la bonne décision», a martelé M. Couillard.
Un point de vue qui n'est pas partagé par le chef de l'opposition, Pierre Karl Péladeau. Le chef péquiste déplore que Bombardier procède à des licenciements au Québec alors que le gouvernement lui offre une importante participation. Ce partenariat devrait donner une meilleure protection des emplois au Québec, estime-t-il. L'entente avec Bombardier devrait être renégociée, selon M. Péladeau. Il demande aussi à ce que le gouvernement fédéral s'implique financièrement. «Ça fait trois mois que ça niaise», a-t-il déploré.
Le chef caquiste François Legault est aussi de cet avis. «C'est triste de voir que le premier ministre ne comprend pas les finances, ne comprend pas les affaires», a-t-il blâmé. L'investissement de 1,3 milliard $ de Québec aurait dû permettre d'acquérir la moitié des trois divisions de Bombardier, à son avis.
Québec solidaire estime que Bombardier «se moque des travailleurs, des contribuables et du gouvernement». «Le Québec finance les dettes de Bombardier, qui nous remercie avec une vague de licenciement et de chantage», s'est indigné le député Amir Khadir.