Philippe Couillard

Bombardier: Couillard refuse de se mouiller sur la rémunération

Philippe Couillard refuse de se prononcer sur la politique de rémunération des dirigeants de Bombardier de crainte d'effaroucher les investisseurs étrangers.
À la veille de l'assemblée annuelle de l'avionneur, qui fait face au mécontentement de plusieurs actionnaires, le premier ministre n'a pas voulu se mouiller sur les hausses salariales toujours proposées pour les hauts dirigeants, mercredi.
M. Couillard veut laisser le débat aux actionnaires et aux patrons de Bombardier. L'image du Québec à l'international s'en ressentira si le gouvernement entretient la perception qu'il est «prêt à intervenir dans les affaires d'une société», a-t-il dit. Selon lui, «s'interposer entre les actionnaires et le conseil d'administration sur des questions comme la rémunération ne sera pas de nature à attirer les entreprises au Québec.»
Depuis quelques jours, de grands fonds d'investissement tels que la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ, le Fonds de pension du Canada et le régime de retraite des enseignants de l'Ontario (Teachers), désavouent publiquement la politique de rémunération de l'avionneur. Ils réclament aussi la tête du président du c.a., Pierre Beaudoin, petit-fils du fondateur Joseph-Armand Bombardier. Ils remettent en question la qualité de sa gouvernance.
La controverse sur la rémunération des dirigeants a éclaté à la fin mars. La première proposition suggérait une hausse de 50 % de la rémunération des hauts dirigeants pour 2016, malgré les mises à pied annoncées et le sauvetage de l'entreprise par des fonds publics. Une partie de la hausse a finalement été repoussée et liée à l'atteinte d'objectifs de performance.
L'investissement de 1,3 milliard $ du Québec spécifiquement dans une coentreprise pour la CSeries n'en fait pas un actionnaire, mais un «agent économique», a affirmé M. Couillard.
Les partis d'opposition réclament une position plus ferme du premier ministre contre M. Beaudoin et la politique de rémunération adoptée. Le chef péquiste Jean-François Lisée parle «d'augmentations scandaleuses» chez Bombardier. «Il y a deux personnes qui défendent cette décision, c'est Philippe Couillard et M. Beaudoin», a dénoncé M. Lisée.
Le chef caquiste François Legault croit que ce sont les décisions de Bombardier qui nuisent à son image à l'étranger. «Il faut que Philippe Couillard arrête de défendre les dirigeants de Bombardier puis commence à défendre les Québécois», a-t-il lancé.
L'OIRPC contre Beaudoin
Le plus important investisseur institutionnel canadien joint sa voix à ceux qui s'opposent à la réélection de Pierre Beaudoin à la tête du conseil d'administration de Bombardier ainsi qu'à la politique de rémunération des patrons de l'entreprise.
À la veille de l'assemblée annuelle de l'avionneur, mercredi, l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada (OIRPC) a fait savoir qu'il imitait la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ, le Régime de retraite des enseignants de l'Ontario (Teachers) ainsi que la corporation d'investissement et de gestion de la Colombie-Britannique.  Avec La Presse canadienne