Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a rappelé que le Québec avait accordé un contrat de wagons Azur du métro de Montréal, qui occupera les travailleurs pour encore 18 mois.

Bombardier à La Pocatière: le gouvernement se fait rassurant

Le gouvernement Legault ne s’inquiète pas outre mesure pour l’avenir de l’usine de matériel ferroviaire de Bombardier à La Pocatière.

Mardi pourtant, des médias ont rapporté que le gouvernement fédéral allait accorder un contrat d’un milliard de dollars pour des trains de VIA Rail à une usine du concurrent allemand Siemens en Californie. Il s’agirait donc d’un autre coup dur pour Bombardier à La Pocatière, qui n’avait pas réussi non plus à décrocher le contrat du Réseau express métropolitain (REM) de Montréal.

Le premier ministre François Legault avait exigé en riposte qu’Ottawa impose au moins 25 % de contenu local dans le contrat; or, le gouvernement Trudeau plaide plutôt que c’est impossible en vertu des accords internationaux.

Même le ministre de l’Économie du gouvernement Legault, Pierre Fitzgibbon, n’est pas certain de l’issue de la démarche de son patron.

«On a le devoir de demander du contenu canadien, est-ce qu’on va réussir ou non? C’est difficile pour moi de répondre, on n’a pas l’autorité, mais on a l’influence», a-t-il laissé savoir en point de presse mercredi matin.

Or, l’inquiétude règne déjà chez les 600 employés de Bombardier à La Pocatière où la mise à pied d’une centaine d’employés a déjà commencé en raison de la fin d’un contrat des voitures Azur destinées au métro de Montréal.

Cependant, M. Fitzgibbon a voulu se montrer rassurant. Il a rappelé que le Québec avait accordé le contrat de wagons Azur, qui occupera les travailleurs pour encore 18 mois.

«Il est prématuré d’en parler [de l’avenir de l’usine], on va attendre la décision de VIA Rail, a-t-il déclaré avant de se rendre à la séance du conseil des ministres. On a le temps de regarder tout ça. À court terme, il n’y a pas d’enjeux.»

Quant à l’avenir à moyen terme des installations, M. Fitzgibbon a dit qu’il allait attendre la décision d’Ottawa.

Le ministre a ajouté qu’il avait eu des «discussions» avec Bombardier. «C’est clair que La Pocatière est proche de nos préoccupations», a-t-il commenté.

De son côté, la ministre déléguée au Développement économique régionale, Marie-Ève Proulx, qui est députée de la circonscription de Côte-du-Sud où se trouve La Pocatière, est passée en coup de vent sans répondre aux questions des journalistes.

«Effet de toge»

De son côté, le Parti québécois (PQ) a rappelé que les règles des accords signés par le Canada étaient claires : Ottawa ne peut fixer un plancher minimal de contenu canadien dans ce cas.

«Une autre démonstration que quand on n’est pas indépendants, c’est quelqu’un d’autre qui décide», a souligné le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, en conférence de presse mercredi matin. Il a associé la sortie de François Legault à de l’esbroufe.

«On aimerait que Bombardier gagne tous les appels d’offres, mais celui-là, c’est un effet de toge de M. Legault», a conclu M. Bérubé.

Le fédéral n’a pas confirmé la nouvelle voulant que Siemens obtienne le contrat, mais ne l’a pas démenti non plus. Le processus d’appel d’offres n’est pas terminé, avait fait valoir le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, mardi.

Ce contrat de VIA Rail a pour but de renouveler son parc de locomotives et de voitures pour le corridor ferroviaire entre Québec et Windsor, en Ontario.

VIA Rail avait déjà écarté en mars la possibilité d’exiger du contenu local dans son appel d’offres. La société a besoin de 32 nouveaux trains bidirectionnels écologiques pour maintenir sa capacité actuelle de 9100 sièges. Ces locomotives et ces wagons devront pouvoir fonctionner sur des rails électriques dès qu’ils seront installés. Les rames de train devront être livrées en 2022.

Outre Bombardier Transport et Siemens, deux autres entreprises s’étaient qualifiées pour participer à l’appel d’offres. Il s’agit de la multinationale suisse Stadler et de l’espagnole Talgo.

Bombardier Transport s’était montrée intéressée par ce contrat qui aurait pu fournir du travail durant quelques années à son usine de La Pocatière. L’entreprise a annoncé il y a un peu plus de deux semaines le licenciement de 5000 employés, dont 2500 au Québec.