Bombardier: 7% de plus pour ses dirigeants

MONTRÉAL — La rémunération globale des dirigeants de Bombardier a grimpé de 7%, à 33,4 millions $US, en 2017, une année marquée par une amélioration des résultats, mais aussi par la prise du contrôle de la C Series par Airbus — qui n’a pas eu à verser un sou.

Cet exercice marque également la retraite de l’architecte du constructeur d’avions et de trains, Laurent Beaudoin, qui, après avoir été administrateur pendant 43 ans, quittera le conseil d’administration.

Celui qui était président émérite du conseil n’a pas l’intention d’être candidat à sa réélection, peut-on lire dans la circulaire de sollicitation destinée aux actionnaires de Bombardier et déposée vendredi auprès des autorités réglementaires en vue de l’assemblée annuelle du 3 mai.

En tenant compte du départ de l’homme d’affaires qui aura 80 ans le 13 mai, 9 des 14 candidats au conseil d’administration sont considérés comme des membres indépendants qui ne font pas partie de la famille Beaudoin-Bombardier.

La rémunération des patrons de Bombardier a fait les manchettes à maintes reprises depuis un an en raison de la vive controverse déclenchée au sein de l’opinion publique à la suite du montant global octroyé à ses cadres en 2016.

À l’époque, les importantes restructurations ayant mené à l’élimination de milliers de postes ainsi que l’injection de 1,3 milliard $CAN dans la C Series par le gouvernement Couillard avaient donné lieu à un barrage de critiques à l’endroit des pratiques de gouvernance en vigueur au sein de l’entreprise.

Pour tenter d’apaiser la controverse, l’avionneur québécois avait décidé de repousser d’un an, soit en 2020, certains paiements qui devaient être versés à ses patrons à compter de 2019.

Objectifs atteints

La rémunération globale de 33,4 millions $US en 2017 tient compte du montant total de 2,6 millions $US obtenu par Pierre Beaudoin, qui a été président exécutif du conseil d’administration — un rôle qui lui permettait d’être impliqué dans la gestion des activités quotidiennes — jusqu’au 30 juin.

«Plus de 80% de la rémunération totale directe cible pour 2017 est à risque en ce qui concerne le président et chef de la direction et les autres membres de la haute direction visés de la société», explique Bombardier dans son document.

Le petit-fils de Joseph-Armand Bombardier a abandonné la portion exécutive de ses fonctions pour devenir uniquement président du conseil d’administration en raison de la crise provoquée par la flambée des salaires. À titre de président du conseil, celui-ci empochera un montant annuel de 500 000 $ ainsi qu’une somme supplémentaire de 250 000 $ pour des représentations effectuées à l’étranger.

En excluant les montants octroyés à M. Beaudoin, la rémunération globale de la haute direction de Bombardier a affiché une progression de 12% par rapport à l’exercice 2016.

De son côté, le président et chef de la direction, Alain Bellemare, a vu sa paye totale atteindre 10,63 millions $US, ce qui constitue une hausse de 12%. Sa prime annuelle a bondi de 33,6%, à 3,15 millions $US. L’ingénieur de 56 ans a également touché une «autre rémunération» de 2,2 millions $US, dont 1,41 million $US pour des «frais de réinstallation et paiements de compensation fiscale».

Le chef de la direction financière, John Di Bert, ainsi que David Coleal, Fred Cromer et Laurent Troger, qui dirigent respectivement les divisions des avions d’affaires, commerciaux et Bombardier Transport, ont tous vu leur rémunération globale progresser.

Au total, les primes au rendement des cinq principaux dirigeants de la multinationale ont atteint 7 millions $US.

Dans la circulaire, Bombardier explique notamment que ses dirigeants ont dépassé des cibles fixées en générant un résultat avant charges de financement, revenus de financement et impôts 672 millions $US, alors que l’objectif fixé était de 580 millions $US. De plus, l’entreprise a dépensé moins de liquidités que ce qui était anticipé, soit environ 786 millions $US.

Bombardier a terminé l’année financière en réduisant sa perte nette à 553 millions $US, ou 25 cents US par action, alors que ses revenus sont demeurés stables, à 16,2 milliards $US.

L’entreprise a toutefois engrangé un profit ajusté de 63 millions $US, ou trois cents US par action, comparativement à une perte ajustée de 268 millions $US, ou 15 cents US par action, en 2016.