Il s’agit du cinquième conflit à survenir entre le Canada et les États-Unis sur les exportations de bois d’œuvre

Bois d’oeuvre: des droits» injustifiés et inquiétants», dit la ministre Freeland

OTTAWA — La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a dénoncé mercredi les droits compensatoires et antidumping définitifs du gouvernement américain sur les exportations de bois d’oeuvre canadien.

Deux avis publiés dans le registre fédéral américain confirment l’imposition de ces droits définitifs à compter du 3 janvier 2018. L’industrie forestière devait payer des droits compensatoires et antidumping préliminaires depuis le 24 avril 2017.

Dans cet avis, l’International Trade Administration des États-Unis a légèrement diminué ces droits pour corriger une erreur de calcul. Ceux-ci totalisent maintenant 20,23 % au lieu de 20,83 % pour la majorité des entreprises touchées.

Dans une déclaration, la ministre Freeland écrit que «les droits imposés par les États-Unis sur le bois d’œuvre résineux canadien sont injustes, injustifiés et inquiétants» et que le gouvernement canadien continuera de défendre l’industrie du bois d’œuvre «contre les pratiques commerciales protectionnistes».

Le Canada a entamé en novembre deux recours contre des droits compensatoires et antidumping, l’un en vertu du controversé chapitre 19 de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et l’autre devant l’Organisation mondiale du commerce. Parallèlement, Ottawa continuera les pourparlers avec Washington pour tenter de conclure un nouvel accord sur le bois d’œuvre.

Le Conseil de l’industrie forestière a rappelé qu’il s’agit du cinquième conflit à survenir entre le Canada et les États-Unis sur les exportations de bois d’œuvre et que le Canada avait toujours obtenu gain de cause. Il s’attend à ce que ces droits soient maintenus jusqu’à la prochaine révision administrative en 2019.

Au cours des derniers mois, l’industrie canadienne du bois d’œuvre a été en mesure de refiler le coût des droits compensatoires et antidumping aux consommateurs américains grâce à une hausse des prix.

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L’OPÉRATION CHARME AUX ÉTATS-UNIS SE POURSUIT

Deux ministres du gouvernement Trudeau passeront les prochains jours aux États-Unis pour convaincre les élus américains de l’importance de la relation commerciale entre le Canada et leur pays.

Ces visites se dérouleront un peu plus de deux semaines avant la sixième ronde de négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui s’amorcera le 23 janvier à Montréal.

Le ministre l’Agriculture, Lawrence MacAulay, passera le week-end au Tennessee pour le congrès annuel de l’American Farm Bureau Federation, un organisme national qui représente les agriculteurs américains. Son message se rendra peut-être aux oreilles du président américain Donald Trump, puisque celui-ci doit y prononcer un discours.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, se rendra quant à lui au Kentucky jeudi pour participer à la 23e Journée de la Chambre de commerce de cet État. Cet événement annuel rassemble un grand nombre de représentants du monde des affaires et de la classe politique.

M. Goodale doit rencontrer le gouverneur du Kentucky, Matt Bevin, le secrétaire du département du Développement économique, Terry Gill, celui de la Justice et de la Sécurité publique, John Tilley, le commissaire de l’Agriculture, Ryan Quarles, et l’ambassadrice des États-Unis au Canada, Kelly Craft.

L’opération charme du gouvernement Trudeau entamée au printemps dernier pour sauver l’ALENA se poursuit donc en 2018. Les ministres Goodale et MacAulay feront valoir que quelques centaines de milliers d’emplois dans ces deux États dépendent du commerce avec le Canada. Le quart des exportations du Kentucky sont destinées au marché canadien, selon le ministère des Affaires mondiales.