Le Canada cherche à remplacer sa flotte de vieux F18.

Boeing pourra soumissionner pour des avions de combat canadiens

OTTAWA — Le Canada a autorisé jeudi Boeing à participer à l'appel d'offres pour le remplacement de sa flotte de vieux F18 en dépit du contentieux entre le manufacturier américain et le gouvernement canadien.

Cette annonce survient un mois après que la Commission américaine du commerce international a rejeté une plainte du constructeur américain contre son rival canadien Bombardier.

Boeing, avec son avion Super Hornet, figure parmi les cinq constructeurs invités à soumettre des propositions au printemps 2019 pour l'achat de 88 avions de combat à livrer en 2025 à la défense canadienne, selon un communiqué du gouvernement canadien.

Les autres sont l'Américain Lockheed Martin avec son F35, le Français Dassault (Rafale), le groupe Airbus (Eurofighter Typhoon) et le Suédois Saab (Grippen).

En décembre, le gouvernement de Justin Trudeau avait décidé de ne pas acheter 18 Super Hornet de Boeing pour plus de 5 milliards de dollars pour protester contre l'attitude du constructeur américain dans le contentieux avec Bombardier.

Le constructeur américain a réclamé l'imposition de taxes de près de 300% sur les avions CSeries (100 à 150 places) de Bombardier, accusé d'avoir vendu à perte ses appareils à la compagnie Delta Air Lines.

Le gouvernement canadien évaluera les différentes propositions en fonction du coût, des exigences techniques et des retombées économiques, industrielles et technologiques. Le fournisseur retenu devra investir au Canada un montant équivalent à la valeur du contrat, a précisé le gouvernement.

«L'évaluation des soumissions comprendra également une évaluation de l'impact des soumissionnaires sur les intérêts économiques du Canada», a-t-il ajouté.

L'industriel retenu ne devra pas causer de «tort économique» au Canada, avait averti en décembre Carla Qualtrough, ministre des Services publics.

«Notre gouvernement est persuadé qu'il en résultera une concurrence robuste, qui permettra d'obtenir un bon rapport qualité-prix pour les Canadiens et des retombées pour l'économie canadienne» a déclaré jeudi Mme Qualtrough.