Le ministre Francois Blais a fait le point vendredi matin sur l'important enjeu de la main-d'œuvre au Québec.

Blais espère des solutions à la pénurie de main-d'œuvre d'ici le prochain budget

La pénurie de main-d’œuvre au Québec n’est pas une lubie passagère. C’est un problème réel auquel le gouvernement québécois espère trouver des solutions d’ici le prochain budget avec une stratégie nationale de la main-d’œuvre. Que ce soit l’immigration, la formation spécialisée en entreprise, la mécanisation ou la robotisation, Québec veut permettre aux entreprises de dénicher des employés qualifiés pour continuer de progresser en affaires.

«L’enjeu de la main-d’œuvre est tellement important au Québec qu’il peut avoir un impact économique non négligeable sur l’économie. Et dans la région de Québec, on le sait bien depuis un certain temps», relatait le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. François Blais.

Les questions de francisation en entreprise, de bonnes pratiques, d’embauche de travailleurs plus âgés à temps partiel, de délai avant la retraite ont été abordées autour de la table vendredi matin. Le ministre rencontrait des entrepreneurs et des instances syndicales lors d’une consultation à Québec pendant sa tournée régionale sur la main-d’œuvre et l’emploi avec le conseil régional des partenaires du marché du travail, des patrons, des représentants du milieu syndical et de l’éducation.

Contrats perdus

Le cas de l’immigration de travailleurs a aussi été abordé. Admettant que le provincial est maître d’œuvre sur certains aspects, il doit aussi compter sur la collaboration du fédéral. «On nous a demandé de faire évoluer la pondération en matière d’immigration économique en tenant compte des besoins du marché du travail» et de la régionalisation de la main-d’œuvre, ajoutait M. Blais

Sara-Émilie Corbin, conseillère en ressources humaines à La Voie Maltée, rappelle que le milieu de la restauration vit de gros problèmes de pénurie de main-d’œuvre avec un taux de chômage très bas dans la région de Québec.

«Nous devrons nous tourner vers des bassins de candidats où nous n’avons pas l’habitude d’aller en temps normal, que ce soit des immigrants ou des personnes judiciarisées, et même des employés plus âgés. C’est un gros défi qui nous oblige à travailler sur la rétention du personnel pour leur donner un milieu de travail intéressant. Il faut aussi être attractif dans le contexte de l’ouverture d’un deuxième commerce sur le boulevard Laurier», expose-t-elle.

L’entreprise a réussi à se stabiliser dans les derniers mois. Dans le cas de l’immigration, elle admet que le système est très structuré et complexe pour faire venir du personnel, ce qui mériterait des assouplissements. Pour elle, la formation en entreprise de gens motivés, mais sans toutes les compétences pourrait être une solution à envisager.

Luc Fortin, président de l’entreprise Fibrotex de Clermont, dans Charlevoix, précise qu’il doit refuser des contrats à cause du manque d’employés. «Si j’avais 200 employés de plus demain matin, je leur trouverais du travail et j’accepterais plus de contrats», affirme-t-il.

Pour lui, l’immigration n’est pas l’unique solution pour résoudre le problème de pénurie de main-d’œuvre, mais c’est une voie importante. Et dans Charlevoix, il est assez difficile de trouver des employés spécialisés dans le type de production de Fibrotek. Lui aussi estime que les règles de l’immigration méritent d’être assouplies. «Je trouve des gens spécialisés à l’étranger, mais ça prend de huit mois à un an pour les faire venir alors que j’en ai besoin maintenant. Je dois refuser des contrats, car je ne peux répondre à la demande.»