Batteries lithium-ion: le Québec peut devenir un joueur important

MONTRÉAL — Le Québec a tous les ingrédients et la bonne recette pour alimenter le marché en batteries lithium-ion; il ne lui manque que la cuisine qu’il doit mettre en place rapidement s’il ne veut pas voir quelqu’un d’autre s’empiffrer en profitant de ses matières premières.

C’est là en gros le message lancé à l’occasion du dévoilement, jeudi à Montréal, d’une étude de la firme KPMG qui démontre que la progression fulgurante du marché des véhicules électriques représente une occasion d’affaires unique pour le Québec.

L’analyse de KPMG, réalisée pour le compte de Propulsion Québec, conclut que le nombre de véhicules électriques vendus en 2030 sera entre 17 et 26 fois plus important qu’aujourd’hui. Quant à la demande, en tenant compte de l’ensemble des usines existantes et projetées, les besoins mondiaux seront supérieurs à la production mondiale de batteries, et ce, jusqu’à trois fois la capacité de production, d’après la fourchette des prévisions.

Parallèlement, une importante industrie du recyclage de batteries lithium-ion verra le jour non seulement pour protéger l’environnement, mais aussi pour créer une source de matériaux réutilisables pour la fabrication de nouvelles batteries et le Québec doit en jeter les bases sur son territoire, a plaidé la présidente et directrice générale de Propulsion Québec, Sarah Houde.

«Le recyclage des batteries n’est pas seulement une opportunité économique de taille; c’est aussi un enjeu environnemental de taille qui menace souvent la crédibilité des véhicules électriques», a-t-elle fait valoir, ajoutant que des technologies prometteuses sont déjà en développement ici même au Québec.

Stratégie attendue

Le recyclage «permet de disposer d’un véritable gisement alternatif de minéraux sans assumer les importants coûts d’extraction et nous pourrons ensuite les revaloriser, notamment dans la fabrication de nouvelles batteries», a-t-elle rappelé.

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, présent au lancement de l’étude, a annoncé qu’une stratégie québécoise de développement de la filière de batteries lithium-ion est en préparation chez Investissement Québec et sera lancée dès cet automne.

Le Québec amorce à peine l’exploitation de mines de lithium. Un plan de développement doit viser, selon KPMG, le raffinement du minerai sur place pour l’amener à la qualité requise pour son utilisation dans la fabrication de batteries. Il en va de même pour plusieurs autres composantes de ces batteries, notamment le graphite, le cobalt, le nickel et le fer.