Les actionnaires de Bamboo David Boisvert-Renaud, Mathieu Landry-Girouard, Hugo Garneau-Boisvert et Philippe Ouellet-Thivierge

Bamboo propulsée par des influenceurs

Une compagnie québécoise de sous-vêtements à base de bambou est née au cours des derniers jours. Pour mousser leurs produits, la direction souhaite notamment utiliser des influenceurs du Web, une tendance qui gagne en popularité.

«C’est un très bon outil pour atteindre notre public cible», avance au Soleil Mathieu Landry-Girouard, copropriétaire de l’enseigne Bamboo underwear, qui réalise des sous-vêtements pour hommes et femmes. «C’est un phénomène qui prend de l’ampleur avec YouTube, Facebook, Twitter et Instagram. C’est une bonne façon pour capter l’attention des jeunes».

«Aujourd’hui, c’est de plus en plus difficile de les rejoindre. Lorsqu’ils voient nos produits sur une personne qu’ils aiment, cela aide à obtenir leur confiance», poursuit-il.

Dans son cas, son équipe mise sur six influenceurs, dont Élisabeth Rioux, Fiona Barron et Noémie Petit — elles comptent respectivement 1,6 million, 837 000  et 108 000 abonnés sur Instagram — pour faire la promotion de leur marque à Québec et à Montréal. Leurs produits sont actuellement disponibles seulement sur Internet.

Signe que le phénomène des influenceurs est en croissance, Bamboo n’est pas la seule jeune pousse à la recherche de visibilité et de notoriété sur les médias sociaux.

Le site Influenceurs Québec a recensé les personnalités publiques et les célébrités les plus influentes. On y retrouve, entre autres, la joueuse de tennis Eugenie Bouchard avec ses 1,7 million d’abonnés sur Instagram et l’animatrice Maripier Morin qui compte 802 500 abonnés, toutes plateformes confondues.

Sur ce site, des compagnies y publient également des mandats pour dénicher des influenceurs, comme un «fabricant de thé qui souhaite s’associer avec une nutritionniste québécoise de premier plan afin de créer des recettes et des boissons santé à base de thé» ou «une marque d’outils qui recherche quatre ou cinq influenceurs au Québec dans le domaine de la construction ou des grands travaux afin de participer à la création d’une Web série sur la santé et la sécurité».

Et ces mariages sont souvent salutaires, estime le professeur agrégé à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, Yan Cimon. Il prévient toutefois que l’utilisation des influenceurs est une tendance lourde, qui comporte «un certain risque».

«C’est un phénomène que nous allons voir de plus en plus surtout pour les marques pour les milléniaux et les générations suivantes. Ce n’est pas un secret, les jeunes sont moins attirés par les médias traditionnels», avance-t-il. «Il est important de bien connaître les influenceurs et leur position sur les enjeux. Il ne faudrait pas qu’un influenceur Web influence négativement la marque avec des gestes discutables. Les effets peuvent être variables», poursuit-il .
Il n’existe actuellement aucune mesure scientifique pour mesurer l’impact réel des influenceurs. Dans le jargon, il y a les célébrités, les macro-influenceurs, les micro-influenceurs et les nano-influenceurs (moins de 1000 abonnés).


« C’est un phénomène qui prend de l’ampleur avec YouTube, Facebook, Twitter et Instagram. C’est une bonne façon pour capter l’attention des jeunes »
Mathieu Landry-Girouard, copropriétaire de l’enseigne Bamboo underwear

Entre 500 $ et 10 000 $

Bien qu’il préfère ne pas dévoiler les rouages de ses ententes avec Élisabeth Rioux, fondatrice de la marque de maillots de bain Hoaka Swimwear, Fiona Barron et Noémie Petit, M. Landry-Girouard affirme qu’il faut débourser jusqu’à 500 $ pour la publication d’une photo d’un influenceur qui compte 100 000 abonnés avec son produit. Le prix pour une célébrité avec plus d’un million d’abonnés : «plus 10 000 $ par image».

Grâce à cette stratégie d’affaires, Bamboo espère réaliser ses premiers pas à travers les marchés canadien et américain. D’autres influenceurs seront signés sous peu au Canada et du côté du pays de Donald Trump. La direction souhaite également prendre rapidement d’assaut d’autres marchés à l’international. Le site transactionnel de l’entreprise est d’ailleurs déjà dans les langues de Molière et de Shakespeare.

Depuis le début de l’aventure, 1 million $ a été investi par les propriétaires, soit David Boisvert-Renaud, Mathieu Landry-Girouard, Hugo Garneau-Boisvert et Philippe Ouellet-Thivierge, entre autres, pour l’ouverture d’un entrepôt à Lebourgneuf.

Pour l’instant, l’enseigne ne propose que des sous-vêtements, mais l’objectif du quatuor est de vendre un jour des gilets, des cotons ouatés, des bas et des pantalons.

«Nous offrons actuellement des sous-vêtements fabriqués à 95 % en bambou», avance M. Landry-Girouard. «Au début de l’année, nous sommes allés en Chine pour choisir notre tissu. Le bambou est un tissu capricieux. Il faut avoir de la qualité pour faire de bons vêtements. Lorsqu’on compare le coton et le bambou, ce dernier est un produit qui pollue beaucoup moins et qui utilise moins d’eau. Il s’agit aussi d’un produit plus facilement renouvelable», poursuit-il, précisant que ce matériel «gagne à être connu».  

Outre que via le Web, d’ici quelques mois, Bamboo (www.bamboounderwear.com) espère offrir ses produits sur les tablettes de grandes chaînes, comme La Maison Simons. La direction n’a pas l’intention d’ouvrir de boutique.

Élisabeth Rioux, elisabeth.rioux,  1,6 million d’abonnés.