Bien que La Maison Otis ferme seulement pour deux mois, la nouvelle a ébranlé la communauté de Baie-Saint-Paul.

Baie-Saint-Paul: la Maison Otis fermée en attendant l'été

L'un des monuments touristiques de Charlevoix à Baie-Saint-Paul, l'auberge La Maison Otis, ferme ses portes pour deux mois. Dans la foulée, le populaire Café des artistes tire aussi sa révérence temporairement. Une pause qui ébranle le milieu touristique local.
Le propriétaire de la trilogie de maisons ancestrales de la touristique rue Saint-Jean-Baptiste au coeur de Baie-Saint-Paul, Michel Villeneuve, a expliqué au journal local ressentir le besoin de prendre du recul et de se refaire une santé. «On va prendre deux mois de break et rouvrir pour l'été. J'ai des projets pour l'Auberge, des rénovations. Le contexte économique est difficile, j'ai besoin de prendre un peu mes distances», explique Michel Villeneuve, vraisemblablement épuisé.
L'auberge fermera après la relâche, alors que le Café des artistes tiendra tel que promis la soirée du Cabaret Festif de la relève, samedi, après quoi, ce sera aussi la pause. L'entreprise de M. Villeneuve compte une trentaine d'employés en haute saison et une dizaine en période hivernale. Ajoutons que l'auberge était à vendre depuis quelque temps, mais n'a visiblement pas trouvé preneur.
Industrie ébranlée
Les difficultés de ce fleuron de l'industrie touristique charlevoisienne ébranlent. Plusieurs acteurs du milieu touristique confirment que «l'hiver est dur». Des établissements de type motel ont réduit leurs activités depuis la mi-janvier. Un propriétaire d'hébergement traditionnel explique avoir pris un emploi à l'extérieur et d'autres affirment que les diminutions de clientèle se répètent depuis trois ans.
Même le Fairmont Manoir Richelieu, du côté de La Malbaie, calculait une diminution de ses réservations de 20 % pour la relâche. La conjoncture économique, la température, la popularité des résidences de tourisme et les relents des négociations difficiles au Massif sont notamment montrés du doigt.
Le maire de Baie-Saint-Paul, Jean Fortin, constate que la situation est «fragile» et «préoccupante». Car l'annonce de la fermeture de La Maison Otis survient quelques jours à peine après l'annonce de la démolition d'une autre voisine de renom, l'auberge La Pignoronde, qui doit faire place à un projet immobilier. «Je sens que plusieurs entreprises touristiques ont des difficultés. Je crois que, sans paniquer, il faut réfléchir sur le produit offert à Baie-Saint-Paul et travailler davantage ensemble à trouver des solutions et voir les opportunités.» Le maire soumet d'ailleurs l'idée de tenir des états généraux.
Pour sa part, le propriétaire de La Maison Otis, Michel Villeneuve, croit que ses déboires sont symptomatiques de la situation touristique actuelle. «J'ai donné 35 ans d'efforts pour que Baie-Saint-Paul soit une destination touristique de choix. Ce que je ne peux que constater, c'est que l'hôtellerie est de plus en plus difficile. Les municipalités ont donné beaucoup trop de permis de maisons locatives. C'est mortel. Si tous les établissements commencent à fermer, Charlevoix va faire dur.»
Chez Tourisme Charlevoix, l'annonce des difficultés d'un «monument» tel que La Maison Otis allume quelques lumières. «Il n'y a pas juste une explication possible. Est-ce que les gens qui viennent dans Charlevoix veulent autre chose? C'est possible aussi. On le voit avec l'intérêt pour les résidences de tourisme. Mais comment adapter l'hôtellerie traditionnelle à cette demande, c'est autre chose», tente d'expliquer le président Éric Desgagnés. 
Avec la collaboration d'Émélie Bernier