Avant de prendre en main la gestion de son port, la Ville de Baie-Comeau a commandé, au coût de 150 000 $, une étude de préfaisabilité approfondie sur l'état de ses infrastructures. Les résultats sont attendus en août et une seconde étude plus technique, avec des plongeurs inspectant les structures, suivra.

Baie-Comeau pourrait avoir l'usine FerroAtlÁntica

Baie-Comeau est-elle sur la liste des lieux étudiés par FerroAtlántica pour l'implantation d'une usine de silicium métallurgique au Québec, projet annoncé mercredi dernier? La chose est possible, à décoder les propos du commissaire industriel pour la Manicouagan.
«C'est un projet qui ne m'est pas étranger, mais je ne commenterai pas à savoir si on a été approchés ou non par l'entreprise», a lancé Guy Simard lorsque Le Soleil lui a demandé si la région avait déjà eu des contacts avec la société espagnole, qui a annoncé un investissement de 375 millions $ et la création de plus de 300 emplois. La présence d'un port en eau profonde, ce dont dispose Baie-Comeau, est un préalable pour l'obtention de l'usine.
«Il n'y a pas un commissaire industriel au Québec qui ne voudrait pas de ce projet structurant pour une région. C'est vraiment un beau projet», a enchaîné le directeur du développement industriel chez Innovation et Développement Manicouagan. «Mais je vais laisser au gouvernement et à la compagnie le soin de s'exprimer dans ce dossier.»
Guy Simard aurait toutefois préféré que l'annonce de l'investissement de FerroAtlántica et du gouvernement se fasse une fois que sera choisie la ville qui recevra l'usine.
«Dans ce contexte, dévoiler le projet sans faire d'annonce officielle, ça crée une forme de compétition entre des villes», lance-t-il en refusant d'embarquer dans une course publique, à laquelle prennent part le Saguenay et la Mauricie, notamment. «Notre intérêt est là [pour le projet], mais on ne fera pas d'autres commentaires», a conclu M. Simard.
Sept-Îles
À Sept-Îles, qui compte sur l'un des plus grands ports au Canada, on en savait visiblement beaucoup moins que Baie-Comeau sur le projet de FerroAtlántica. «À ce que j'en sais, on n'a pas eu de contacts avec cette entreprise. On n'a pas été approchés», a déclaré Russel Tremblay, conseiller en développement économique chez Développement économique Sept-Îles. Même réaction à l'administration du port de Sept-Îles.
Du côté de Cacouna, qui dispose aussi d'un port en eau profonde, FerroAtlántica était une inconnue jusqu'à l'annonce de la semaine dernière. «On n'a eu aucune approche de cette compagnie jusqu'à présent», a assuré la mairesse Ghislaine Daris. Quant à Port-Cartier, également dotée d'un port, le directeur de la corporation de développement économique de l'endroit ne nous a pas rappelés.
Rappelons qu'en retour de son investissement, FerroAtlántica recevra du gouvernement du Québec un congé de taxes d'une durée de 10 ans et un rabais de 1 ¢ du tarif L d'Hydro-Québec. Investissement Québec souhaite aussi prendre une participation de 5 à 10 % dans le projet.