Dans un communiqué publié mardi, Alcoa n'a pas précisé les conditions tarifaires dont ses installations québécoises bénéficieront.

Baie-Comeau: des concessions à Alcoa qui font mal

Il n'y a pas que du gouvernement du Québec, en rapport avec les tarifs d'électricité, de qui la multinationale Alcoa exige des efforts. L'entreprise a aussi demandé des concessions à la Ville de Baie-Comeau, qui n'a guère eu le choix de céder en diminuant le compte de taxes de la compagnie.
La Ville et Alcoa se sont entendues en début de semaine sur la contestation du rôle d'évaluation de l'entreprise à Baie-Comeau, qui se chiffrait à 261,6 millions $.
En vertu de cette entente, l'évaluation de l'usine chute de 19 M$ pour 2013, de 24 M$ pour 2014 et de 29 M$ pour 2015, en raison notamment de la fermeture des vieilles salles de cuves Söderberg. Ainsi, le trésor municipal se trouve amputé d'une somme de 769 000 $ pour 2013. Pour 2014 et 2015, le manque à gagner pour la Ville représente 887 000 $ et 1,1 M$, respectivement.
Dans un contexte où Baie-Comeau doit se serrer la ceinture, avec des compressions de 2 % dans l'ensemble des services, cette nouvelle tuile est loin d'être réjouissante.
Le maire Claude Martel, qui a assuré que ce manque à gagner ne se retrouvera pas sur le dos des contribuables, croit depuis longtemps que les villes n'ont toujours pas en main la solution pour pallier les contestations des grandes entreprises. L'avenir des municipalités québécoises ne passe pas par les taxes foncières, rappelle-t-il.
«Je suis dans le monde municipal depuis 1975 et j'ai toujours dit ça, a-t-il lancé. Une réforme de la fiscalité, on n'en a jamais vraiment eu. On en parle depuis longtemps, mais rien n'aboutit. Les revenus de taxes foncières demeurent encore la principale source de revenus municipaux.»
L'Union des municipalités du Québec (UMQ) discute d'ailleurs depuis plusieurs années avec Québec pour la création d'un nouveau pacte fiscal.
«Créatures de l'État»
«Il ne faut pas perdre de vue que les municipalités sont des créatures de l'État, ce ne sont pas des gouvernements autonomes», a enchaîné le maire de Baie-Comeau. «On exécute pour l'État des jobs de toutes sortes, et il nous en demande de plus en plus, constamment, mais on ne nous donne pas les enveloppes qui devraient venir avec ces nouvelles responsabilités.»
Sur le territoire desservi par Le Soleil, Alcoa possède également une aluminerie à Deschambault. Au bureau municipal de Deschambault-Grondines, on assure que la multinationale n'a pas contesté sa dernière évaluation municipale.