David Baazov, qui a démissionné de son poste de président et chef de la direction d'Amaya en août dernier, désirait racheter la société montréalaise pour 6,7 milliards $US, un montant qui inclut la dette.

Baazov renonce à acheter Amaya

Le fondateur et ex-dirigeant d'Amaya (TSX:AYA), David Baazov, a finalement décidé de jeter ses cartes et renonce à acheter la société de jeu en ligne propriétaire entre autres de PokerStars.
L'homme d'affaires âgé de 36 ans a expliqué qu'il ne pouvait répondre aux demandes de «certains actionnaires» qui, à son avis, exigent une prime trop élevée sur le cours de l'action.
«Après avoir consulté mes conseillers, j'ai décidé que la meilleure voie à suivre pour moi et Amaya était que je mette fin à ma tentative d'acheter la société», a-t-il fait valoir, mardi, par voie de communiqué.
Il n'a pas été possible d'obtenir plus de commentaires de la part de M. Baazov, qui détient une participation de 17,2 % dans l'entreprise.
L'action d'Amaya a clôturé mardi à 19,00 $ à la Bourse de Toronto,en recul de 38 cents, soit 2 %.
Celui qui a démissionné de son poste de président et chef de la direction en août dernier désirait racheter la société montréalaise pour 6,7 milliards $US, un montant qui inclut la dette.
Une offre de 24 $ par action
«J'ai présenté une offre entièrement financée sans condition de 24 $ par action, soit un prix plus élevé que mon intention initiale préalablement annoncée de présenter une offre de 21 $ par action», écrit M. Baazov.
Cette offre à 24 $ l'action établit la valeur de l'entreprise de Pointe-Claire à environ 3,48 milliards $.
Plus tôt ce mois-ci, la firme new-yorkaise SpringOwl Asset Management LLC s'était prononcée contre l'offre de M. Baazov, affirmant qu'elle sous-évaluait l'entreprise en plus de critiquer le manque de transparence de son fondateur à l'égard des actionnaires.
M. Baazov a notamment été forcé de reconnaître qu'une firme de Dubaï - KBC Aldini Capital - ne figurait pas parmi ses partenaires financiers après avoir initialement affirmé le contraire.
Dans le cadre de son offre de rachat initiale, l'homme d'affaires disait avoir obtenu 3,65 milliards $US auprès des investisseurs Head & Shoulders Global Investment Fund; Goldenway Capital, de Hong Kong; Ferdyne Advisory, enregistrée dans les îles Vierges britanniques; et KBC Aldini Capital.
«Distractions»
Puisque M. Baazov a changé son fusil d'épaule, Eyal Ofir, de Dundee Marchés des capitaux, estime que cela met fin à de nombreuses «distractions» qui entouraient la compagnie.
«Nous croyons que le moment est venu pour la direction de recentrer l'attention des investisseurs sur les activités de base de l'entreprise, qui ont récemment offert une bonne performance en dépit de vents contraires», écrit l'analyste, qui maintient sa recommandation d'achat du titre, dans un rapport envoyé par courriel.
David Baazov est toujours visé par cinq chefs d'accusation, notamment pour avoir influencé ou tenté d'influencer le cours du titre d'Amaya et pour avoir communiqué une information privilégiée.
L'homme d'affaires avait été accusé dans le cadre d'une enquête de l'Autorité des marchés financiers ayant entraîné le dépôt de 23 accusations contre trois personnes - M. Baazov, Yoel Altman et Benjamin Ahdoot - et trois entreprises - Diocles Capital, Sababa Consulting et 2374879 Ontario.
Tous les accusés ont plaidé non coupable.