Avortement: 26 organisations exclues d’Emplois d’été Canada

OTTAWA — Vingt-six organisations se sont vu refuser cette année la subvention fédérale pour l’embauche de jeunes durant l’été, parce qu’Ottawa a considéré qu’elles «affaiblissaient ou limitaient l’accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive» — notamment l’avortement.

En vertu de nouvelles règles adoptées par le gouvernement libéral, le programme exclut notamment «les projets et activités qui travaillent activement à porter atteinte ou restreindre l’accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive».

Emploi et Développement social Canada a reçu cette année près de 40 000 candidatures pour son programme «Emplois d’été Canada». De ce nombre, près de 400 ont été exclues en vertu de nouvelles règles stipulant que ces subventions ne peuvent pas être utilisées pour porter atteinte aux droits de la personne, dont 26 organisations pour leur approche sur l’avortement, la planification familiale, l’éducation sexuelle ou des questions connexes.

Les libéraux ont apporté des modifications controversées à la version de 2018 du programme Emplois d’été Canada, qui obligeaient les organisations à déclarer que ni leurs activités ni leur mandat principal ne s’opposaient aux droits de la personne, y compris l’avortement, l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

De nombreuses organisations confessionnelles avaient alors soutenu que ces règles les obligeaient à choisir entre leurs valeurs religieuses et l’argent du fédéral — qui les aidait par exemple à maintenir des camps d’été et d’autres programmes qui n’ont rien à voir avec l’avortement.

Devant le tollé soulevé, le gouvernement libéral a alors modifié les règles juste à temps pour l’été 2019 : les candidats doivent maintenant déclarer, notamment, que leurs projets et activités — et non plus leur mandat principal — ne travaillent pas «activement à porter atteinte ou restreindre l’accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive».