Si la nomination de Janet Yellen était confirmée par le Sénat, pour le moment à majorité républicaine, elle devrait devenir à 74 ans la première femme à diriger le Trésor — équivalent du ministère des Finances — après avoir été la première femme à présider la puissante Réserve fédérale (Fed) entre 2014 et 2018.
Si la nomination de Janet Yellen était confirmée par le Sénat, pour le moment à majorité républicaine, elle devrait devenir à 74 ans la première femme à diriger le Trésor — équivalent du ministère des Finances — après avoir été la première femme à présider la puissante Réserve fédérale (Fed) entre 2014 et 2018.

Avec Biden, des femmes et minorités pour piloter l’économie

Delphine Touitou
Agence France-Presse
Elodie Cuzin
Agence France-Presse
WASHINGTON — Joe Biden a choisi Janet Yellen, ancienne présidente de la Banque centrale, à la tête du Trésor, et dévoilé quelques membres-clés de son équipe économique composée de minorités et de femmes dont la priorité sera d’apporter un soutien «immédiat» au pays affecté par la pandémie.

«Voici l’équipe (...) qui nous aidera à reconstruire notre économie encore plus forte que jamais», a annoncé le président élu démocrate.

L’économie américaine est à la peine, avec un chômage à 6,9%, le double d’avant la pandémie. La croissance enregistrée au troisième trimestre reste en baisse de 2,9% comparé au troisième trimestre 2019.

La nomination de Janet Yellen devrait être confirmée par le Sénat même si les républicains gardaient la majorité en janvier.

Interrogé sur cette nomination, le président républicain de la commission financière du Sénat, Chuck Grassley, a déclaré à des journalistes lundi que Mme Yellen devrait recueillir «un avis favorable».

Son collègue John Cornyn a également souligné qu’il ne voyait «pas de problème» avec cette nomination.

À 74 ans, Janet Yellen va ainsi devenir la première femme à diriger le Trésor -- équivalent du ministère des Finances -- après avoir été la première femme à présider la puissante Réserve fédérale (Fed) entre 2014 et 2018.

«Notre pays est actuellement confronté à de grands défis», a réagi l’intéressée sur Twitter peu après l’annonce officielle.

La première tâche de la future secrétaire au Trésor sera de faire voter en urgence un nouveau plan d’aide en faveur des plus vulnérables alors que celui du printemps expire.

Mais cela pourrait s’avérer d’autant plus ardu que les démocrates ne sont pas assurés de disposer en janvier de la majorité au Sénat, contrairement à l’administration de Barack Obama lors de sa prise de fonction en janvier 2009, en pleine crise financière.

Rêve américain «pour tous»

«Pour nous remettre (de cette crise), nous devons restaurer le rêve américain -- une société où chaque personne peut atteindre son potentiel et rêver encore plus grand pour ses enfants», a ajouté Mme Yellen.

M. Biden a également annoncé lundi la nomination de Wally Adeyemo au poste de secrétaire adjoint du Trésor.

D’origine nigériane et présentée comme «expert en politique macroéconomique», M. Adeyemo a notamment été directeur adjoint du Conseil économique national, conseiller à la sécurité nationale et chef de cabinet au Bureau de la protection financière des consommateurs.

«S’il est confirmé, M. Adeyemo serait le premier secrétaire adjoint au Trésor afro-américain», a souligné M. Biden, qui a en outre choisi Neera Tanden, d’origine indienne, comme directrice du Bureau de la gestion et du budget.

Si le président élu a loué la carrière de Mme Tanden, ancienne conseillère d’Hillary Clinton pendant la campagne de 2016, cette nomination, qui ne fait pas l’unanimité parmi les démocrates les plus progressistes, pourrait être bloquée au Sénat, des républicains ayant déjà fait savoir qu’ils y étaient opposés.

Neera Tanden, d’origine indienne, a été nominée comme directrice du Bureau de la gestion et du budget.

Parmi les autres nominations, à noter celle de Cecilia Rouse, une autre femme, pour prendre la tête du Conseil des conseillers économiques du président. Là encore, une nomination inédite, relève M. Biden: «Elle deviendra la première Afro-Américaine et seulement la quatrième femme à diriger ce Conseil en 74 ans d’existence.»

Le nouveau président sera également entouré de Jared Bernstein, un proche de longue date puisque celui-ci avait été son propre économiste en chef au cours des premières années de l’administration de l’ancien président Barack Obama.

M. Bernstein sera membre du Conseil des conseillers économiques.

Enfin, Heather Boushey, qualifiée d’»économiste éminente» dont les travaux de recherches ont été centrés sur les inégalités économiques, sera également membre du Conseil des conseillers économiques du président, une agence au sein de la Maison-Blanche chargée d’aider à élaborer la politique économique nationale et internationale.

«De manière responsable»

Plusieurs postes incontournables dans l’élaboration de la politique économique doivent encore être pourvus: le représentant américain au commerce (USTR) et le secrétaire au Commerce.

Ces nominations sont très attendues à l’étranger alors que l’administration Trump a mené une guerre commerciale avec la Chine et bousculé les relations commerciales avec les principaux alliés des États-Unis.

Même si elle n’est pas encore au complet, Joe Biden a estimé que son équipe était «composée de fonctionnaires novateurs qui aideront les communautés les plus durement touchées par le Covid-19 et s’attaqueront aux inégalités structurelles de notre économie».

Il a assuré que ceux-ci travailleront «sans relâche pour s’assurer que chaque Américain bénéficie d’un juste retour pour son travail et d’une chance égale de progresser».

Le démocrate, qui prendra ses fonctions dans une économie qui peine à se remettre du choc provoqué par la pandémie, a aussi estimé que cette équipe ressemblait à l’Amérique.

Sa vice-présidente élue Kamala Harris a rappelé que l’objectif de l’administration Biden serait d’ouvrir l’économie «de manière responsable».