La coop agricole Avantis, dont la valeur excède un demi-milliard, est le résultat de la fusion de quatre autres coops agricoles du Québec et du Nouveau-Brunswick.

Avantis: la coop agricole, poids lourd de 500 millions $

Sans tambour ni trompette, une coopérative agricole affichant un chiffre d’affaires de 500 millions $ — bientôt 600 millions $ s’il faut en croire ses dirigeants — vient d’éclore dans l’Est-du-Québec.

Avantis Coopérative est le fruit de la fusion de quatre coopératives agricoles brassant des affaires dans les régions de la Chaudière-Appalaches, de la Capitale-Nationale, de la Mauricie, des Laurentides, du Bas-Saint-Laurent et au Nouveau-Brunswick.

Depuis le 28 octobre, le Groupe coopératif Dynaco, la Société coopérative agricole de la Rivière-du-Sud, la Société coopérative agricole La Seigneurie et Unicoop, coopérative agricole, n’existent plus. 

Vive Avantis Coopérative!

Comptant 2800 membres producteurs agricoles, 11 800 membres entrepreneurs et consommateurs ainsi que 1100 employés et opérant plus de 110 places d’affaires sous les bannières La Coop, BMR, Unimat, New Holland, Kioti et Sonic, Avantis est un partenaire de premier plan des producteurs agricoles. 

Membre de la Coop fédérée, la nouvelle organisation, dont le siège social a pignon à Sainte-Marie, œuvre dans quatre secteurs : les produits et les services agricoles, la machinerie agricole, les quincailleries et l’alimentation animale.

«Toutes les quatre, les coopératives évoluaient dans le monde de l’approvisionnement des producteurs agricoles (engrais, semences, moulée pour le bétail) et des quincailleries», explique au Soleil le chef de la direction d’Avantis, Gaétan Roger. «Dynaco et Unicoop avaient développé, entre autres, une expertise en matière de distribution de machinerie agricole.»

Les forces complémentaires des unes et des autres sont maintenant regroupées au sein d’Avantis qui est maintenant la plus importante entreprise au sein de la Coop fédérée. «Tout au long des échanges qui ont mené à la fusion, nous avons identifié des sources de synergie qui pourraient nous permettre d’être encore meilleurs dans ce que nous faisions chacun dans notre petit coin.»

Place à la consolidation

L’union des forces est l’une des retombées les plus visibles de la réflexion qui s’est faite au cours des dernières années, sous l’impulsion de la Coop fédérée, en vue d’une réorganisation du réseau coopératif dans le secteur agricole dans la Belle Province.

«Un constat nous a frappés de plein fouet. La consolidation des forces s’est faite partout — tant du côté des agrofournisseurs que des producteurs agricoles qui, de plus en plus, sont exposés aux variations des prix sur les marchés internationaux ce qui affecte grandement leur rentabilité. Parlez-en aux producteurs de lait et de porc!» indique M. Roger qui a été chef de la direction d’Unicoop pendant près d’une vingtaine d’années.

«À la lumière de cet élan de consolidation, notre réseau devait s’adapter. Il devait, lui aussi, faire sa consolidation. Il était de notre devoir d’apporter une meilleure contribution aux succès financiers de nos producteurs agricoles. Il fallait proposer une offre de service mieux adaptée, plus performante et plus homogène dans l’ensemble du réseau corporatif.»

Le Québec compte actuellement 69 coopératives agricoles sur son territoire.

Avant qu’Avantis ne sorte de terre, quatre coopératives couvrant les régions de Portneuf, de la Mauricie, de Lanaudière, des Laurentides, de l’Outaouais et de l’Abitibi-Témiscamingue unissaient leurs forces, en avril, pour créer la Coop Novago.

«Dans la région de la Chaudière-Appalaches, il reste encore des coopératives agricoles qui n’ont pas joint nos rangs», signale Gaétan Roger. «Je pense qu’elles veulent prendre le temps de nous regarder faire nos preuves. Nous allons leur prouver que le regroupement des forces est la meilleure décision. En tout cas, notre porte est toujours ouverte!»

Aucun licenciement massif

Fusion. Consolidation.

Ces opérations de réorganisation d’entreprise se traduisent souvent par des mises à pied.

«La création d’Avantis ne provoque pas un licenciement massif d’employés», rassure son chef de la direction.

«Il y aura inévitablement des départs non sollicités en raison de la fusion et des gens qui partiront à la retraite. Vous savez, nos besoins de main-d’oeuvre sont grands et le personnel est tellement difficile à trouver. Nous avons toujours des postes à pourvoir», signale Gaétan Roger en soulignant que la fusion ouvrait des portes à ceux et à celles qui, dans les quatre coopératives regroupées, se trouvaient un peu à l’étroit au plan professionnel.

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AVANTIS N'ABANDONNE PAS SES QUINCAILLERIES

«Doit-on se retirer du marché des quincailleries ?»

La question a trituré les méninges des dirigeants d’Avantis, rappelle Gaétan Roger.

La semaine dernière, Lowe’s annonçait la fermeture de 27 magasins au Canada, dont neuf Rona au Québec. Des commerces «sous-performants», selon le géant américain, situés loin des grands centres urbains pour la plupart.

L’une des «victimes» est le Rona de Saint-Elzéar, en Beauce. Pas trop loin de là, il y a un BMR opéré par Avantis.

«Des centres de rénovation, nous en opérons 29 sur notre territoire. Des BMR, pour la plupart, et quelques Unimat. Nous sommes bien fiers d’être associés avec BMR. Une bannière de propriété québécoise.»

Finalement, Avantis a choisi de maintenir le cap. Et d’y mettre les moyens nécessaires pour assurer non seulement leur survie, mais surtout leur rentabilité. C’est-à-dire d’investir dans les quincailleries.

Ne rien faire aurait signifié la capitulation devant la concurrence des Rona, Canac et Home Hardware et de ce monde et le commerce en ligne qui gruge de plus en plus des parts de marché.

Gaétan Roger cite un exemple.

Sur l’île d’Orléans, il y a avait deux quincailleries dont une affichant la bannière BMR. Les deux vivotaient et risquaient éventuellement de fermer leurs portes.

«Nous nous sommes entendus avec le concurrent et nous avons acheté sa succursale. Nous l’avons fermé afin de concentrer nos efforts sur le commerce BMR qui va très bien aujourd’hui.»   

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AVANTIS EN CHIFFRES