Ce drame a ravivé les craintes entourant la technologie autonome censée, selon ses partisans, réduire le nombre d’accidents routiers.

Waymo pense qu’elle aurait évité l’accident d’Uber

NEW YORK — Le patron de Waymo, filiale de Google spécialisée dans le développement des voitures autonomes, assure que sa technologie aurait pu éviter l’accident mortel ayant impliqué récemment un véhicule d’Uber.

«À Waymo, nous sommes confiants dans le fait que notre technologie aurait été capable de gérer une telle situation», a déclaré John Krafcik, lors de la convention NADA des concessionnaires automobiles samedi à Las Vegas.

Pour appuyer ses propos rapportés par la presse américaine, M. Krafcik a souligné que les véhicules autonomes de Google avaient parcouru depuis 2009 plus de 8 millions de kilomètres sur des routes fréquentées par des piétons sans être impliqués dans un accident mortel.

Il a toutefois dit avoir été troublé par l’accident impliquant Uber car «cette voiture était équipée des technologies représentant l’ensemble du secteur de conduite autonome».

Un véhicule autonome d’Uber a renversé le 18 mars une passante sur une route de l’Arizona. Elle est décédée de ses blessures à l’hôpital.

À la suite de cet accident, l’entreprise américaine a suspendu ses essais de conduite autonome qui étaient menés à Tempe (Arizona), San Francisco (Californie), Pittsburgh (Pennsylvanie) aux États-Unis et à Toronto au Canada. Une enquête a été ouverte par les autorités locales.

Ce drame a ravivé les craintes entourant la technologie autonome censée, selon ses partisans, réduire le nombre d’accidents routiers.

Toyota suspend ses tests

De son côté, le géant automobile japonais Toyota a décidé jeudi dernier de suspendre ses tests de conduite autonome, arguant de l’impact «émotionnel» sur ses équipes.

«Nous ne pouvons spéculer sur les causes de l’incident ou ses implications sur l’avenir de la conduite autonome», a souligné le groupe via le Toyota Research Institute (TRI), son entité américaine dédiée aux champs de l’intelligence artificielle et de la robotique.

Mais «parce que TRI a le sentiment que l’incident peut avoir un effet émotionnel sur ses conducteurs, il a été décidé de cesser temporairement» ses tests les plus avancés sur les routes publiques, selon une déclaration transmise à l’AFP jeudi à Tokyo.

«Nous surveillons la situation et prévoyons de les reprendre au moment opportun», a précisé un porte-parole.

Ces tests se déroulent sur des routes publiques au Japon et aux Etats-Unis (Californie et Michigan), en présence d’un chauffeur, passif, pour des raisons de sécurité, conformément à la loi.

Le constructeur poursuit en revanche ses essais de conduite semi-autonome, avec un conducteur ayant le contrôle du véhicule à tout moment.

Toyota est présent depuis longtemps dans la robotique mais face à la concurrence des sociétés de la Silicon Valley, il a récemment accéléré ses initiatives et investissements dans le domaine de la conduite autonome.

Il a formé l’an dernier un consortium avec plusieurs groupes, dont son compatriote NTT Docomo, le suédois Ericsson ou encore l’américain Intel, pour doper les capacités informatiques existantes en vue de l’essor des voitures autonomes.

Il s’est aussi associé début mars avec deux importants équipementiers japonais, Denso et Aisin Seiki, dans une co-entreprise baptisée Toyota Research Institute Advanced Development (TRI-AD) destinée à développer des logiciels, avec à la clé un investissement de plus de 300 milliards de yens (2,3 milliards d’euros).

Le pdg de Toyota, Akio Toyoda, qui est un pilote amateur, a pu par le passé se montrer réticent sur le sujet. Il prône désormais une approche prudente, préconisant d’y aller par étape.

Le constructeur allemand BMW a pour sa part annoncé mercredi maintenir ses projets, tandis que le japonais Nissan s’est refusé à tout commentaire. Tous espèrent commercialiser des véhicules complètement autonomes dans les années 2020.