Volvo XC60 2018

Volvo XC60 2018: une évolution logique

Le renouvellement d'un modèle à succès est une opération plus délicate qu'il n'y paraît. Souvent, l'affaire tient du casse-tête. Il faut en faire suffisamment pour donner d'évidents gages de rajeunissement, mais prendre garde de désorienter la clientèle. À Göteborg, siège de Volvo, la remise en forme du XC60 n'a visiblement donné la migraine à personne, ou si peu.
Apparu il y a près de 10 ans, le XC60 a mis beaucoup de temps à se renouveler. On peut comprendre pourquoi, étant donné la réussite commerciale de cet utilitaire qui, sans inquiéter les plus grands succès de la catégorie, a su tirer admirablement son épingle du jeu en faisant notamment la part belle, à ses débuts, à une série d'innovations en matière de sécurité active et passive. Un avantage qui s'est étiolé avec les années face à des véhicules rivaux aptes à se renouveler plus rapidement.
On pouvait craindre que Volvo, paralysé par la peur de mal faire, ne renoue avec la conduite impersonnelle, mollement germanisante, de la génération antérieure. À en juger seulement par sa ligne, finalement, on se sera fait du mauvais sang pour rien.
Sa silhouette, plus longue, plus large, mais aussi moins haute que l'ancienne, contribue à lui donner plus de dynamisme face à une concurrence qui, elle, n'en manque pas. Assurément moins balourd, le nouveau XC60 reprend, sans surprise, les codes esthétiques de la marque, y compris l'incontournable Mjölnir (le véritable nom du marteau de Thor) intégré sous la lentille des phares.
Le XC60 ne partage pas que le vocabulaire esthétique avec les plus récentes créations de la marque scandinave, mais aussi la même technologie. En effet, le XC60 reprend également à son compte l'architecture modulaire (nom de code SPA) sur laquelle Volvo déposera tous ses modèles à l'exception notable de la XC40 - plus compacte -, censée apparaître en février 2018 au Canada.
Sans surprise, les mécaniques proposées dérivent toutes étroitement du quatre-cylindres, 2,0 litres Drive-E. Au Canada, celles-ci se déclinent en trois saveurs, dont une version hybride à prise rechargeable, inédite pour ce modèle. En entrée de gamme, on retrouve la T5. Suivent la T6 et la T8. Cette dernière est alliée à un propulseur électrique capable de lui assurer une autonomie de quelque 40 km. De ces trois versions, une seule a été proposée à la presse spécialisée lors du lancement international du XC60, la T6. Celle-ci suralimente son 2,0 litres à essence au moyen d'un turbocompresseur et d'un compresseur pour développer 316 chevaux. Il s'agira, en regard de son rapport poids/puissance, de ses possibilités de personnalisation et de son prix (offerte à compter de 52 200 $), de la plus populaire. Au consommateur ensuite de choisir parmi les trois livrées inscrites au catalogue (Momentum, R-Design et Inscription).
Chaleureux suédois
Avant même de se glisser à bord, on s'étonne qu'une entreprise qui tape sur le clou de la sécurité depuis si longtemps propose si peu de ces dispositifs de série. Volvo ne pourrait-elle pas donner l'exemple en n'exigeant pas un sou additionnel pour des éléments de sécurité actifs ou passifs tels que les capteurs d'angles morts - même si ceux-ci ont la particularité de bloquer le volant pour empêcher un changement de file -, lesquels se trouvent enfouis dans un groupe d'options vendu 1800 $? Au-delà de l'ordinaire, Volvo propose l'extraordinaire (selon certains consommateurs du moins) qui consiste en un assistant de conduite semi-automatique qui, en toute honnêteté, présente très peu d'intérêt, à moins que le marquage au sol ne soit parfait et que la route ne soit droite.
De taille presque humaine, le XC60 ouvre ses portières sur un habitacle aux formes discrètes, épurées et accueillantes avec des sièges que l'on jurerait moulés sur soi, pour peu que l'on expérimente les nombreux réglages. En outre, selon les teintes choisies, l'habitacle de ce Volvo baigne dans une ambiance joyeuse qui nous change des intérieurs souvent réfrigérants de la concurrence. Le bloc d'instrumentation est clair et parfaitement lisible, tandis que l'intégration de l'écran multifonction au centre du tableau de bord est sans doute l'une des plus conviviales et des plus esthétiquement réussies de toute l'industrie automobile. Par ailleurs, les proportions nouvelles de cet utilitaire suédois ont permis de revoir l'aménagement intérieur; les occupants des places arrière profitent désormais de davantage d'espace pour se prélasser. Ce parti pris pour les passagers a cependant eu des répercussions un peu malheureuses sur le volume du coffre qui, sans être étriqué, offre tout de même une surface de rangement un brin inférieure à la moyenne de la catégorie.
Dynamique à ses heures
Dans sa configuration T6, le XC60 souffle le chaud et le froid. Le chaud d'abord. Son moteur 2,0 litres affiche des performances tout à fait honorables, à la condition de ne pas être trop exigeant. La sélection du mode Dynamic au détriment des autres ne changera guère la performance de ce propulseur, si ce n'est de le rendre moins agréable au quotidien. Le XC60 est un utilitaire qui ne prend aucun plaisir à se faire brusquer. Il incite plutôt à une conduite coulante. Rien à voir avec un Q5 (Audi) ou un F-Pace (Jaguar), deux de ses concurrents apparus dans la dernière année. Le châssis est sain, rassurant, mais ce Volvo n'invite aucunement à une conduite sportive, et ce, même si les mouvements de caisse sont mieux maîtrisés qu'autrefois. La faute ici incombe à la direction trop légère, trop inerte, trop démultipliée (16,6) pour le «jeter» dans les virages sans appréhension.
En dépit de sa modernité, ce véhicule est lourd, même s'il s'efforce de ne pas le faire sentir. Son châssis est à la fois plus rigide et mieux suspendu qu'avant, pour peu que le consommateur conserve les pneumatiques d'origine (19 pouces). Les 20 pouces offerts en option remplissent sans doute bien les puits d'ailes, mais ceux-ci entraînent des trépidations à basse vitesse si la chaussée est mal en point.
Dans un secteur aussi compétitif que celui des utilitaires, 10 ans sans vraiment se renouveler, c'est long et cela donne beaucoup de temps pour réfléchir à la suite des choses. Soucieux de préserver ses acquis et conséquemment de ne pas dérouter sa clientèle, le nouveau XC60 évite de se placer dans la ligne de mire de ses principaux concurrents (plus sportifs) pour offrir en lieu et place un VUS confortable, moderne et sécurisant qui trouvera assurément son public.
Les frais de transport et d'hébergement liés à ce reportage ont été payés par Volvo.
Le pour et le contre
On aime
• Présentation intérieure rafraîchissante
• Silence et confort de roulement
• Version T8 à venir
On aime moins
• Direction trop démultipliée
• Sécurité active en option
• Comportement placide
Ce qu'il faut retenir
Fourchette de prix: 45 900 $ à 69 550 $
Frais de transport: 1395 $
Garantie de base: 48 mois ou 80 000 km
Moteur: L4 DACT 2,0 litres suralimenté (turbo et compresseur)
Puissance: 316 ch à 5700 tr/min
Couple: 295 lb-pi entre 2200 et 5400 tr/min
Poids: 1835 kg
Rapport poids/puissance: 5,8 kg/ch
Mode: intégral
Transmission de série: automatique à huit rapports 
Transmission optionnelle: aucune
Diamètre de braquage: 11,4 m
Freins (av.-arr.): disque-disque
Pneus (av.-arr.): 235/55R19
Capacité du réservoir: 71 litres
Essence recommandée: super
Consommation réelle observée: 10,7 l/100 km
Visible dans les concessions: automne 2017
Concurrentes à surveiller: Acura RDX, Audi Q5, Cadillac XT5 
Capacité maximale de remorquage: 1588 kg
Pour en savoir plus: www.volvocars.com/fr-ca