Volvo V60 Polestar

Volvo V60 Polestar: une autre voie

C'est un fait, les Volvo sportives n'ont pas toujours été à la hauteur des produits concurrents sur le plan des performances. La marque, aujourd'hui propriété d'un consortium chinois, manquait, il faut aussi le dire, d'assiduité, de conviction et surtout de moyens. Avec la série Polestar qui s'anime, désormais, de mécaniques quatre cylindres, Volvo entend proposer une autre voie : une forme de performance responsable.
Elle a conservé le même matricule, le même écusson T6, la même palette de couleurs minimaliste (deux teintes extérieures, dont ce bleu rebelle qui risque de mal vieillir), mais cette V60 Polestar est tout de même différente du modèle des années antérieures. À commencer par le moteur. Fidèle à sa promesse de ne produire que des motorisations quatre cylindres dès 2017, la V60 Polestar abandonne son six-cylindres en ligne au profit d'une version passablement musclée de son 2,0 litres Drive-E que l'on retrouve sur ses productions les plus récentes (S90, V90, XC90).
Arcboutée sur de magnifiques roues de 20 pouces, elle est prête à bondir, le mufle au ras du bitume. Derrière la calandre tatouée d'un discret écusson bleu Polestar sommeillent pas moins de 362 chevaux. Pour les fouetter, les ingénieurs n'ont pas tergiversé. Un quatre-cylindres suralimenté à la fois par un turbocompresseur (haut régime) et un compresseur (bas régime), et voilà l'écurie remplie de pur-sang très chauds.
Même s'il compte deux cylindres de moins, ce 2,0 litres délivre plus de puissance, offre un bien meilleur rendement énergétique et, surtout, contribue à équilibrer davantage un châssis qui n'est plus une jeunesse. Plus léger, le propulseur de la V60 Polestar pèse moins sur le train avant et permet de réduire de façon globale le poids du véhicule. Le 2,0 litres a perdu la sonorité métallique du six-cylindres qui le propulsait autrefois, mais conserve ce timbre un peu rauque et des performances explosives. On pourrait également lui reprocher d'être moins généreux en couple, mais ses concepteurs parviennent à compenser cette perte à l'aide de la boîte automatique qui compte désormais huit rapports au lieu de six.
Cette familiale est tout aussi excitante à conduire que la berline, mais offre une polyvalence supérieure, ce qui la rend unique. La tenue de route est au niveau des performances, grâce à la précision du train avant et, plus largement, à la façon très nette dont on «sent» les réactions de cette voiture au comportement toujours très prévisible. En fait, le pilotage ne requiert ici que du discernement tant le châssis, guidé par la fée électronique des aides à la conduite et de la suspension pilotée, excelle dans tous les exercices. Sauf un, le confort. C'est rigide, très rigide. Naturellement, il faut nuancer un peu cette critique en raison de l'état souvent lamentable du réseau routier québécois, qui met à rude épreuve les autos fermement suspendues et qui chaussent des pneumatiques à taille basse. Par ailleurs, dans les manoeuvres, il faut aussi composer avec un rayon de braquage trop large.
Malgré des efforts bien sentis, la Volvo marque légèrement le pas face à la concurrence. Bien que les effets de couple à l'accélération aient été gommés, la direction manque globalement de consistance et son assistance est trop généreuse. Un peu de fermeté serait la bienvenue. Par contre, rien à redire sur le système de freinage, qui immobilise rapidement l'auto.
Pour transmettre adéquatement la puissance au sol et permettre à la clientèle de se foutre du temps qu'il fait, la V60 Polestar retient les services d'un rouage à quatre roues motrices. Créée avec le spécialiste suédois Haldex, cette transmission intégrale à prise temporaire diffère cependant de celle qui équipe les autres Volvo. Elle est plus réactive et, surtout, dirige davantage de couple vers le train arrière, créant ainsi chez le conducteur l'illusion de se trouver au volant d'une propulsion dans certaines conditions données. L'esthète appréciera.
Sport en famille
Même s'il ne manque pas totalement de charme, l'habitacle de la V60 Polestar commence à dater. Le dégagement y est mesuré, surtout à l'arrière, l'écran central n'est ni très grand ni très convivial. Les rangements sont comptés, tout comme l'espace du coffre. Ce dernier offre, en revanche, une belle modularité. Les critiques sont nombreuses et il suffit de comparer avec les dernières avancées du constructeur en matière d'ergonomie, de connectivité et de présentation présentes sur ses plus récents modèles pour voir toutes les rides de la V60 Polestar. En revanche, les sièges avant soutiennent remarquablement bien et la finition est bonne, sans être au niveau des meilleures.
Pour se démarquer de la concurrence qui préfère miser sur les loisirs (Audi Allroad, BMW Série Touring), Volvo sort de son chapeau une formule «sportive» un peu déroutante avec cette V60 Polestar, mais celle-ci saura surprendre agréablement les performances au-dessus de toute autre considération.
Le pour et le contre
On aime
• Transplantation mécanique réussie
• Offre unique sur le marché
• Combinaison efficacité et sportivité
On aime moins
• Suspension très rigide
• Modèle en fin de carrière
• Présentation datée
Volvo V60 Polestar
Ce qu'il faut retenir
Prix: 69 000 $
Frais de transport et de préparation: 2015 $
Garantie de base: 48 mois ou 80 000 km
Moteur: L4 DACT 2,0 litres suralimenté (turbo + compresseur)
Puissance: 362 ch à 6000 tr/min
Couple: 347 lb-pi entre 3100 et 5100 tr/min
Transmission de série: automatique à huit rapports
Transmission optionnelle: aucune
Poids: 1796 kg
Rapport poids/puissance: 4,96 kg/ch
Mode: intégral
Diamètre de braquage: n.d.
Freins (av.-arr.): disque-disque
Pneus (av.-arr.): 245/35ZR20
Capacité du réservoir: 67,5 litres
Essence recommandée: super
Consommation moyenne: 10,3 l/100 km (conditions hivernales)
Pour en savoir plus: www.volvocars.com/ca