Le grand patron de Volkswagen, Matthias Mueller, était fier d'annoncer vendredi que le géant automobile avait fait un retour en force en 2016, après le désastre du Dieselgate l'année précédente.

Volkswagen a surmonté le Dieselgate

L'allemand Volkswagen, numéro un mondial de l'automobile, a annoncé vendredi un retour aux bénéfices en 2016 et sa décision de plafonner les salaires de ses dirigeants, après une désastreuse année 2015 marquée par le scandale du Dieselgate.
Le mastodonte aux douze marques (Volkswagen, Porsche, Audi, Seat...) a dégagé un bénéfice net de 5,1 milliards d'euros (7,06 milliards $CAN) l'an passé.
L'année précédente, il avait accusé une perte inédite de 1,6 milliard d'euros en raison des provisions passées pour faire face aux conséquences de sa tricherie sur les moteurs de 11 millions de véhicules dans le monde.
«Les chiffres le montrent: Volkswagen est très robuste, aussi bien au niveau opérationnel que financier. Cela nous donne confiance en l'avenir», a commenté le patron du groupe Matthias Müller, cité dans un  communiqué diffusé à l'occasion d'une réunion du conseil de surveillance au siège de Wolfsburg.
Ce scandale des moteurs diesel truqués n'avait pas seulement pesé sur ses comptes, mais aussi sérieusement terni son image. La décision vendredi de réduire de 40% les rémunérations de ses principaux dirigeants doit aider à redorer quelque peu son blason.
Désormais, la rémunération du patron du groupe ne pourra pas excéder 10 millions d'euros par an et celle des autres membres du directoire 5,5 millions d'euros par personne.
La question du montant des rétributions des plus hauts dirigeants de Volkswagen fait régulièrement débat en Allemagne, mais elle était devenue plus sensible que jamais depuis la tricherie du constructeur, et alors que la campagne pour les élections législatives de septembre est engagée.
Records malgré la crise
Pour 2016, année où son chiffre d'affaires a atteint un niveau record de 217,3 milliards d'euros, le groupe va proposer un dividende en nette hausse sur un an, de 2 euros par action.
«Malgré les charges et les défis liés à la crise du diesel, nous pouvons globalement être satisfait du déroulement de nos activités et de la situation économique du groupe», a estimé le directeur financier Frank Witter, cité dans le communiqué.
En dépit du Dieselgate et des difficultés persistantes sur certains marchés comme au Brésil et en Russie, le groupe a livré 10,3 millions de véhicules dans le monde, tiré notamment par le marché chinois.
Ces ventes records lui ont permis de devenir pour la première fois champion mondial, en damant le pion au japonais Toyota.
Et il compte continuer sur sa lancée cette année, avec une augmentation «modérée» des livraisons et une hausse allant jusqu'à 4% de son chiffre d'affaires. La marge opérationnelle devrait de son côté être comprise entre 6 et 7%.
Nouvelles provisions
Le groupe a également indiqué avoir passé 4,4 milliards d'euros de nouvelles provisions au quatrième trimestre pour se couvrir sur les coûts liés aux multiples poursuites judiciaires dans le monde lié à l'affaire des moteurs.
Au total, leur montant s'élève ainsi à 22,6 milliards d'euros.
Volkswagen avait reconnu en septembre 2015 avoir équipé 11 millions de ses voitures - dont 600 000 aux États-Unis - d'un logiciel faussant le niveau réel d'émissions de gaz polluants. Jeudi, il avait annoncé que 3,4 millions des voitures rappelées avaient été corrigées.
Rien qu'aux États-Unis, où le constructeur a plaidé coupable, il va débourser plus de 22 milliards de dollars pour satisfaire autorités, clients et concessionnaires mécontents.
La justice, aussi bien aux États-Unis qu'en Allemagne, cherche toujours à établir les responsabilités individuelles.
Le parquet de Brunswick enquête notamment sur Martin Winterkorn, ex-patron du groupe démissionnaire à la suite du scandale des moteurs truqués, et d'autres dirigeants du groupe pour fraude et manipulation de cours. La question est notamment de savoir si la direction de Volkswagen a informé les marchés financiers en temps et en heure, ce que contestent des investisseurs qui ont essuyé de lourdes pertes et réclament des milliards d'euros au groupe.
Le patron de Audi Rupert Stadler, mis en cause par un ancien salarié, s'est vu réitéré vendredi la confiance du conseil de surveillance de la filiale haute de gamme.