Trois modèles - Fiat 500e (photo), Honda Fit EV et Toyota RAV4 EV - ne sont pas vendus ici, car leurs constructeurs les distribuent dans les États où ils sont tenus légalement de le faire.

Une pétition pour les voitures électriques

Une pétition afin que le Québec se dote d'une loi Zéro Émission obligeant les constructeurs automobiles à produire et à vendre un quota de véhicules électriques pour le marché québécois est présentement en ligne sur le site Web de l'Assemblée nationale.
Jean Santerre et François Boucher, les initiateurs de la pétition 4589, appuyée par la députée péquiste de Champlain Noëlla Champagne, ont pour objectif de recueillir 50 000 signatures d'ici le 3 mars. Sylvain Juteau, propriétaire du blogue Roulezelectrique.com, a fait la demande officielle à la députée de l'appuyer. Hier à 16h30, 1353 personnes avaient signé la pétition.
«La journée du dépôt de la pétition, j'offrirai un lift en Tesla Model S à Mme Champagne de Trois-Rivières à Québec!» a affirmé M. Juteau, lors d'une conversation téléphonique avec Le Soleil.
Les raisons
Pourquoi une telle pétition a-t-elle été mise en oeuvre? Les tenants de la voiture électrique jugent que l'offre des constructeurs automobiles est bien maigre. Et ce, malgré les prétentions du Québec «d'être la Californie du Nord» et l'annonce par le gouvernement du Québec, en novembre, de son programme d'électrification des transports.
Toujours selon les férus de voitures propres, les constructeurs concentrent leurs efforts de vente en Californie et dans les sept autres États américains qui les obligent à offrir plus de véhicules verts (lire l'encadré). «C'est la raison pour laquelle les fabricants offrent bien plus de véhicules à motorisation électrique en Californie qu'ailleurs», écrit le physicien Pierre Langlois dans sa lettre d'information envoyée par courriel. «C'est le cas, entre autres, de la Chevrolet Spark électrique, de la Honda Fit électrique, de la Fiat 500e et du VUS RAV4 électrique de Toyota. Ce dernier est pourtant assemblé en Ontario.»
«Présentement, si quelqu'un souhaite acheter ou louer une voiture électrique, il doit attendre des mois avant d'en prendre livraison. Pire encore, les concessionnaires n'ont pas d'exemplaires en main pour pouvoir faire des essais routiers, déplore Sylvain Juteau. À ce rythme, on est en train de se faire dépasser par le Vermont dans la course pour devenir la "Californie du Nord".»
Le 1er novembre, M. Juteau avait posé la question suivante à la première ministre Pauline Marois : «Pourquoi il n'y a pas de loi Zéro Émission dans le programme [d'électrification des transports]?»
Il a publié la réponse de Mme Marois dans son blogue : «L'équipe de Daniel Breton [député responsable du dossier de l'électrification des transports] ont consulté les manufacturiers et ceux-ci ont promis qu'ils allaient augmenter drastiquement l'offre de véhicules électriques! Avec les mesures mises en place, ils ne peuvent pas se permettre de passer à côté!»
L'adresse de la pétition : goo.gl/Yc5KTH
Huit états américains en avance
La loi Zéro Émission, dont fait l'objet la pétition initiée par la députée Noëlla Champagne, s'inspire de la mesure adoptée par certains États américains. Le 24 octobre dernier, huit États s'engageaient à mettre sur la route jusqu'à 3,3 millions de voitures propres d'ici 2025.
La Californie, l'État de New York, le Vermont, le Massachusetts, le Maryland, l'Oregon, le Connecticut et le Rhode Island - qui représentent environ 23 % du marché automobile aux États-Unis - se sont engagés à favoriser l'implantation des infrastructures pour les voitures électriques, les véhicules à pile à combustible à l'hydrogène et les voitures hybrides rechargeables.
Ces huit États, chacun de leur côté, avaient déjà adopté des règles imposant qu'un certain pourcentage des voitures neuves vendues d'ici 2025 soient propres.