À part la chenille, toutes les composantes de la motoneige TS2 de Taiga Motors ont été conçues par le trio de jeunes ingénieurs à la tête de la jeune pousse.

Taiga Motors fait la première motoneige qui se branche

CHRONIQUE / Oui, on le sait. La saison de motoneige est terminée. Mais ne gâchons pas notre plaisir. Un nouveau joueur fait ses premiers pas dans le monde de la motoneige. Et électrique, en plus! Taiga Motors propose la TS2, qui a été complètement conçue à partir d’une feuille blanche.

Alors que la première motoneige a été conçue par un Estrien, un certain Joseph-Armand Bombardier — paraît-il —, il va de soi que la première motoneige électrique soit conçue par des Québécois.

Samuel Bruneau, Paul Achard et Gabriel Bernatchez, les trois fondateurs de la jeune pousse Taiga Motors, ont lancé récemment une motoneige entièrement électrique, la TS2, dont les composants ont été pensés et dessinés «from scratch».

«Rien n’a été acheté sur le marché, à part la chenille», affirme Gabriel Bernatchez, un des cofondateurs de Taiga.

Le déclic s’est fait, il y a quelques années, à la suite de concours d’ingénierie à l’Université McGill durant lesquels les trois jeunes associés se distinguaient. Lors de ces concours, ils convertissaient des châssis de motoneiges existantes avec un moteur acheté et les autres dispositifs — batterie, contrôleurs, etc. — conçus par eux.

Une analyse de marché les a convaincus de se lancer dans ce domaine, qui ne semblait pas les attirer au départ. Certains endroits aux États-Unis, comme le parc de Yellowstone, ont banni les motoneiges à essence et certains centres de ski préféreraient avoir des motoneiges électriques.

Vient ensuite, un concours d’entrepreneuriat encore à McGill où ils se sont distingués dans la section Technologies. «Un des juges a été emballé par notre projet et a investi 50 000 $. Ce qui nous a permis de construire notre premier prototype qui a été testé à Whistler, en Colombie-Britannique», raconte M. Bernatchez.

Après quelque temps passé à Shawinigan, Taiga revient à Montréal où elle conçoit la TS2 dans son usine de 6500 pieds carrés. Un déménagement dans un plus grand espace dans la métropole est prévu au courant de l’été.

Le 0 à 100 km/h en trois secondes

La motoneige Taiga TS2 est particulièrement puissante, selon les chiffres transmis par son constructeur. Elle peut faire le 0 à 100 km/h en trois secondes grâce à son moteur électrique produisant un couple de 250 N.m (équivalent à 184 lb-pi). À pleine charge, la TS2 ne pèse que 226 kilogrammes (500 livres).

L’autonomie de la batterie est estimée à 100 kilomètres. «Ce qui peut convenir à la très grande majorité de notre clientèle, soit pour le côté utilitaire ou le plaisir», admet M. Bernatchez. Il convient que la TS2 avec une telle autonomie ne serait pas faite pour faire de longs voyages.

La batterie peut être rechargée en deux heures avec un chargeur de 240 volts ou en 10 heures avec le chargeur de 120 V. «La recharge rapide en courant continu jusqu’à 80 % en 20 minutes sera aussi offerte en option», précise M. Bernatchez.

Taiga Motors juge que le prix d’achat de sa motoneige électrique est très compétitif. À 15 000 $US (19 333 $), le prix d’une TS2 se situe dans la zone des motoneiges à essence haut de gamme. Si on tient compte des économies faites avec le carburant qui n’est plus à acheter, la surprime à l’achat s’estompe.

En ce moment, Taiga accepte les réservations pour sa TS2, moyennant un dépôt de 500 $ sur son site Web (taigamotors.ca).

«Cependant, nous prévoyons faire une petite production pour l’hiver prochain, mais il faut s’attendre que la grande partie de la production se fera pour l’hiver suivant [2019-2020]», ajoute le jeune entrepreneur.

Présentement, plus d’une centaine de réservations ont été faites et Parcs Canada a déjà acheté trois TS2. «On est pas mal certains qu’elles serviront pour des tests.»

Qui dit motoneige silencieuse, dit possible application militaire. Est-ce que Taiga a exploré cette avenue? «On y a pensé, mais ce que l’armée veut, ce sont des motoneiges hybrides [à cause de la grande étendue de territoire à couvrir]. Finalement, ce n’est pas notre marché», conclut M. Bernatchez.