Avant l'inauguration officielle du 36e Salon international de l'auto de Québec, mardi, le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports, Laurent Lessard, a essayé une Toyota Mirai, une voiture à pile à combustible (ou à hydrogène).

Qu'en est-il vraiment de l'auto à l'hydrogène?

Durant le 36e Salon international de l'auto de Québec, qui s'est terminé dimanche, Toyota en a profité pour montrer au public de la capitale, ce qu'il considère comme la «voiture de l'avenir», sa voiture à hydrogène, la Mirai.
Le constructeur japonais a même sauté sur l'occasion pour la faire essayer par le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports, Laurent Lessard, ainsi que par quelques journalistes présents à la journée réservée aux médias.
Un essai que le ministre avait apprécié, mardi dernier. Mais il reconnaissait que «le défi reste les sources d'alimentation [qui sont inexistantes au Québec]», en ajoutant qu'il attendait une proposition du président de Toyota Canada. 
Selon Romaric Lartilleux, porte-parole pour Toyota Canada, Toyota travaille sur une solution de station mobile de recharge sur une remorque. «Cette station sera basée à notre bureau régional de Brossard et servira pour les essais et la promotion de la Mirai auprès des journalistes et des membres du gouvernement.»
Présentement, une seule station de ravitaillement à l'hydrogène existe au Québec. Elle est située à Trois-Rivières à l'Institut de recherche sur l'hydrogène de l'Université du Québec à Trois-Rivières.
«Même si on voulait ravitailler la Mirai là-bas, on ne pourrait pas. Il faut que cette station soit approuvée par Toyota Motor Company au Japon, afin de savoir si elle est compatible», explique M. Lartilleux. Une question de pression - il existe deux standards - et de logiciel de distribution, entre autres, dit-il.
Le gouvernement québécois a d'ailleurs annoncé l'automne dernier que quatre stations multicarburants - essence, hydrogène, gaz propane, gaz naturel, biocarburants et électricité - devraient voir le jour d'ici 2018 dans les grands centres du Québec.
«On a à faire la promotion de ces véhicules-là à l'hydrogène, parce que c'est une technologie qui est maîtrisée, qui est connue et qui est en exploitation ailleurs dans le monde», avait dit M. Lessard mardi dernier. En effet, la voiture à pile à combustible est en exploitation en Californie, notamment.
Pourquoi alors insister sur ce mode de propulsion, alors que la voiture électrique est à portée de main? Toyota évoque l'autonomie de la Mirai - qui est de 500 kilomètres - ainsi que le temps de ravitaillement de cinq minutes pour faire le plein. Contrairement aux 30 minutes pour recharger une voiture électrique à une borne rapide. Question de ne pas trop bouleverser les habitudes des automobilistes.
Cependant, une variable inconnue demeure. Quel est le prix de cette technologie? Impossible de le savoir, contrairement au véhicule électrique, dont on connaît le coût à l'achat - plus élevé en ce moment -, de l'entretien et de l'électricité (de loin moins chers).
«En Californie, par exemple, il existe des formules de prix avec les pleins d'hydrogène pour trois ans», affirme le porte-parole.
La voiture à hydrogène, une solution pour tout le monde ou pour un usage commercial? L'avenir le dira. 
Une bombe sur roues?
Un lecteur a demandé au Soleil, si le véhicule pouvait exploser s'il était impliqué dans un accident. Toyota répond que la Mirai respecte toutes les normes de sécurité en vigueur dans les pays où la voiture est vendue. 
«Les réservoirs d'hydrogène, en fibre de carbone renforcée, sont placés au centre de la voiture, dans la partie la mieux protégée du véhicule, et ne présentent aucun risque en cas d'accident. De nombreux tests ont été effectués pour s'assurer de leur parfaite résistance», assure M. Lartilleux, dans un courriel envoyé au Soleil.