Volkswagen en a bavé depuis que la United States Environnemental Protection Agency a révélé le scandale au grand jour, en septembre 2015 : des millions de véhicules étaient munis d'un logiciel de trucage pour fausser les tests d'émissions polluantes.

Moteurs Volkswagen truqués: fonds vert réclamé

Malgré l'entente intervenue avec ses clients canadiens Volkswagen n'en a pas fini avec le Québec. L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique demande au constructeur, au nom de tous les Québécois, d'investir des millions de dollars dans un fonds vert en guise de dédommagement après le scandale des émissions polluantes.
L'entente de 2,1 milliards $ annoncée la semaine dernière, qui permettra à 105 000 propriétaires  canadiens d'obtenir réparation, ne sonne pas la fin des déboires pour Volkswagen au Canada, du moins pas dans la province. Cette partie du litige ne concernait que les consommateurs qui s'étaient procuré un modèle diesel affecté par le scandale, soit de 2009 à 2015.
En parallèle, l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) considère que toutes les victimes indirectes du stratagème - incommodées par la qualité de l'air - doivent elles aussi être dédommagées. Au Québec, en incluant les résidents de passage durant les années ciblées, cela représenterait, selon l'association, un bassin de près de 8,3 millions de personnes.  
L'AQLPA avait déposé une demande d'autorisation en recours collectif en Cour supérieure, l'automne dernier, dans l'espoir de poursuivre le constructeur automobile en vertu des lois québécoises. Selon le document, l'entreprise allemande a contrevenu à la Charte québécoise des droits et libertés, qui garantit notamment «le droit de vivre dans un environnement sain». Ce recours, séparé de celui touchant les consommateurs, se limite au Québec. 
Plutôt que de se battre devant les tribunaux dans ce dossier, les dirigeants de Volkswagen au Canada ont demandé à négocier hors cour, a expliqué vendredi André Bélisle, président de l'AQLPA. L'organisme a accepté cette proposition, laissant du même coup en suspens le recours collectif. «Mais on leur a dit : "Vous ne pouvez pas vous en tirer comme ça et vous allez devoir faire amende honorable"», a expliqué M. Bélisle. Une rencontre de négociation a eu lieu le 12 décembre et une autre se tiendra le 10 janvier. 
Recours collectif
À 8,3 millions de personnes pouvant réclamer 50 $, tel qu'il est libellé dans la demande de recours collectif, Volkswagen s'exposait à une obligation de près de 400 millions $. L'AQLPA entend réclamer un montant similaire, mais qui serait dépensé différemment. «Il y aurait la création d'un fonds à l'AQLPA pour des actions très spécifiques, comme une campagne permanente à la pollution automobile», a indiqué l'environnementaliste. L'AQLPA aimerait que Volkswagen participe à l'électrification des transports ou à toute autre action contre la pollution atmosphérique, à laquelle elle a contribué en faussant les données d'émission de ses moteurs. 
Si les négociations ne se déroulent pas comme prévu, il n'est pas exclu que l'AQLPA aille tout de même de l'avant avec sa demande de recours collectif. 
L'AQLPA prétend avoir en main un dossier unique, puisqu'elle base sa poursuite sur la qualité de l'air uniquement et va plus loin que le simple propriétaire. «On se base sur le non-respect de la loi et sur l'atteinte à la santé et à l'environnement. On est seuls dans le monde à avoir ce type de recours», s'est targué André Bélisle. L'un des avocats au dossier a quant à lui parlé du «seul recours de cette nature en Amérique», celui-ci n'étant pas un recours gouvernemental.
Volkswagen en a bavé depuis que la United States Environnemental Protection Agency a révélé le scandale au grand jour, en septembre 2015. Il a depuis été calculé que des millions de véhicules étaient munis d'un logiciel de trucage pour fausser les tests d'émissions polluantes. Le constructeur a été condamné et mis à l'amende dans divers pays.