Le titre Renault a enregistré la plus forte baisse de l'indice CAC 40 à la Bourse de Paris vendredi : - 2,89 % dans un marché en hausse de 1,20 %.

Moteurs truqués : Renault visé à son tour

Après Volkswagen et Fiat Chrysler, le premier groupe automobile français Renault se voit à son tour soupçonné d'avoir utilisé des dispositifs pour contrôler les émissions polluantes de ses voitures diesel.
Le parquet de Paris a ordonné jeudi l'ouverture d'une information judiciaire pour «tromperie sur les qualités substantielles et les contrôles effectués», avec pour conséquence «de rendre la marchandise dangereuse pour la santé».
Le titre Renault a enregistré la plus forte baisse de l'indice CAC 40 à la Bourse de Paris vendredi : - 2,89 % dans un marché en hausse de 1,20 %.
Renault est le deuxième constructeur automobile à devoir s'expliquer devant la justice française : une information judiciaire visant Volkswagen, qui a reconnu en septembre 2015 avoir équipé 11 millions de ses véhicules diesel d'un logiciel destiné à tromper les contrôles antipollution, a été ouverte en février 2016 pour «tromperie aggravée».
Menacé d'un procès aux États-Unis, le constructeur allemand a plaidé coupable mercredi de «conspiration» et d'«obstruction à la justice» pour y échapper. Et il a accepté de verser 4,3 milliards $ de pénalités, portant l'addition totale pour l'entreprise à près de 22 milliards $ d'indemnités pour les seuls États-Unis.
Fiat aussi
«Le dieselgate» n'en est pas pour autant terminé : le groupe italo-américain Fiat Chrysler est aussi accusé d'avoir violé les lois américaines sur la pollution de l'air en dissimulant l'existence d'un logiciel équipant 104 000 de ses véhicules dans le pays.
Ce logiciel controversé, installé sur des modèles Jeep Cherokee et des pick-up Dodge Ram 500, fabriqués entre 2014 et 2016, pourrait avoir faussé le résultat des tests antipollution et minimisé le niveau réel des émissions, a dénoncé jeudi l'agence environnementale américaine EPA.
Fiat Chrysler a immédiatement rejeté ces accusations qui ont fait plonger de 16 % son titre à Wall Street et a promis de s'expliquer au plus vite avec les autorités américaines.
La procédure visant Renault en France a été ouverte à la suite d'une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), alimentée en partie par les conclusions d'une commission d'experts indépendants mise en place par le gouvernement après le scandale Volkswagen.
Dépassement des seuils
Les travaux de la commission, chargée d'effectuer des tests sur une centaine de véhicules vendus en France, avaient révélé en juillet 2016 d'importants dépassements des seuils de pollution chez certains constructeurs, en particulier Renault.
À la suite de ce rapport, la DGCCRF a mené une enquête parallèle sur une douzaine de marques commercialisant des véhicules diesel en France, s'intéressant plus particulièrement à la marque au losange.
Une série de perquisitions ont été menées par la DGCCRF en janvier 2016 au siège social du constructeur ainsi que dans deux centres de la région parisienne, provoquant une chute du prix de l'action. Plusieurs cadres du groupe ont aussi été entendus.
À la lumière de ses investigations, la répression des Fraudes a décidé à l'automne 2016 de transmettre ses conclusions à la justice.
De son côté, Renault a réaffirmé vendredi qu'il «respectait la législation française et européenne» et que ses véhicules étaient «conformes aux normes en vigueur».
Et le groupe automobile a rappelé avoir présenté en mars 2016 un plan d'action pour réduire les émissions d'oxydes d'azote (NOx) de ses moteurs diesel.