La Mazda3

Mazda3: garder le cap

Hors du véhicule utilitaire sport, point de salut? La question se pose. Attaquée à l'extérieur, la 3 est aussi contestée de l'intérieur. Obsédé par les risques liés à une situation de «monoculture», Mazda a multiplié le nombre de ses modèles utilitaires, dont la croissance commence sérieusement à faire de l'ombre aux autos de conception classique comme la 3. Et la mise à jour de ce modèle cet automne n'y changera malheureusement pas grand-chose.
Les marques japonaises qui, hier encore, tenaient le haut du pavé font désormais face à une concurrence exacerbée avec l'arrivée de modèles sud-coréens (Kia, Hyundai) et haut de gamme. Bref, on se bouscule sur un segment en repli.
La crise de l'automobile compacte en général est aussi le legs d'un déficit de créativité. Certes, les marques prestigieuses sont parvenues à imposer l'idée qu'un modèle «plus ramassé» peut être chic et cher (Audi A3, Acura ILX, Mini Clubman, Mercedes Classe B); pour le reste, on ne peut pas dire que, ces dernières années, l'imagination ait pris le pouvoir.
Côté style, la plupart des compactes s'efforcent de ressembler au modèle de la gamme supérieure. Comme écrasés par l'enjeu, leurs concepteurs cherchent d'abord à ne pas déplaire. Pendant des années, l'idée selon laquelle on n'avait pas le droit de se tromper avec un modèle aussi stratégique a conduit à privilégier les choix très consensuels. Cette tendance au conformisme invite aujourd'hui les constructeurs (et les clients) à rechercher une autre façon de rouler.
Selon les constructeurs, le consommateur exige dorénavant une voiture couteau suisse tout à la fois sportive, logeable, bourgeoise et originale. La Mazda3 répond à plusieurs de ces critères. Longtemps fer de lance de la marque d'Hiroshima, cette compacte commence peu à peu à s'essouffler, comme en font foi ses ventes. Pour les raviver et surtout pour effacer quelques rides, Mazda procède cet automne à une mise à niveau susceptible de la stabiliser d'ici sa refonte complète, prévue dans deux ans.
Des améliorations bien senties
La principale amélioration apportée consiste à intégrer un vecteur de couple pour améliorer l'agrément de conduite, le confort et la sécurité des occupants. Cette technologie, que l'on retrouve généralement sur des modèles plus cossus et axés sur la performance, vise principalement à accroître la stabilité du véhicule et à rendre les changements de trajectoire plus fluides. Si précieuse soit-elle, cette addition ne changera pas forcément la perception de l'automobiliste moyen qui, depuis longtemps déjà, reconnaît à la marque japonaise son savoir-­faire en matière de dynamisme. Les amateurs de conduite en revanche se réjouiront de la présence de cette avancée qui permet à la 3 de se détacher du peloton. La direction à assistance électrique offre un ressenti très fin de l'état de l'adhérence. Cette Mazda enfile les virages avec précision et naturel, et fait preuve d'une stabilité rassurante et d'une neutralité bienveillante au lever de pied dans une courbe qui se referme.
En fait, l'automobiliste moyen appréciera davantage les modifications apportées aux éléments suspenseurs qui assurent un roulement plus feutré qu'autrefois et l'attention portée à l'insonorisation, qui a permis de réduire le niveau sonore de trois décibels. Cette amélioration demeure plus notable encore sur le modèle Sport (cinq portes) que sur la berline.
Outre le développement du châssis, on note également les retouches appliquées aux deux moteurs qui s'offrent pour l'animer. Celles-ci sont plus subtiles et visent essentiellement à rendre l'accélération et les reprises plus linéaires. Même si la boîte manuelle représente le choix à privilégier avec le 2,0 litres pour mieux tirer profit de la courbe de puissance, la transmission automatique demeure, avec le 2,5 l surtout, la plus efficace des deux. Celle-ci assure une meilleure économie à la pompe et compte de plus sur un mode Sport qui permet d'exploiter au mieux les ressources de cette motorisation.
La Mazda3
Tout est dans les détails
Tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, les stylistes ont cherché à faire «excitant et fonctionnel».
Matériaux plutôt valorisants avec ses cuirs, ses surpiqûres et son traitement bicolores; et qualité de fabrication sans bavure, à la condition, bien entendu, d'allonger la somme demandée. L'emplacement des commandes ne soulève aucune critique une fois que l'on a maîtrisé la molette de l'ordinateur de bord et les commutateurs qui «flottent» autour, et les espaces de rangement - légèrement plus accueillants - sont intelligemment répartis.
Offerte en modèles trois ou cinq portes, la Mazda3 bénéficie en série d'intéressants équipements optionnels (affichage tête haute, capteurs d'angles morts, reconnaissance des panneaux de signalisation), et ses tarifs la situent assez favorablement vis-à-vis de la concurrence.
Il est vrai que, dans cette catégorie de voitures qui constitue le plus important segment du marché automobile québécois, la 3 souffre toujours d'un léger déficit en matière d'habitabilité et de volume utilitaire et qu'elle aura donc fort à faire pour contrecarrer l'offensive récente de rivales parfois plus insipides.
Le pour et le contre
On aime
• Détails de finition (GT surtout)
• Vecteur de couple 
• Agrément de conduite
On aime moins
• Attrait en baisse
• Coût des versions huppées
• Habitabilité moyenne
La Mazda3
Ce qu'il faut retenir
Prix: de 15 900 $ à 29 250 $
Transport et préparation: 1695 $
Garantie de base: 36 mois ou kilométrage illimité
Moteur: L4 DACT 2,5 litres
Puissance: 184 ch à 5700 tr/min
Couple: 185 lb-pi à 3250 tr/min
Poids: 1361 kg
Rapport poids/puissance: 7,39 kg/ch
Transmission de série: manuelle à six rapports
Transmission en option: automatique à six rapports
Mode: traction
Diamètre de braquage: 10,6 m
Freins (av.-arr.): disque-disque
Pneus (av.-arr.): 215/45R18
Capacité du réservoir: 50 litres
Essence recommandée: ordinaire
Consommation obtenue: 8,3 l/100 km
Pour en savoir plus: www.mazda.ca