Selon l'EPA, les modèles équipés de moteurs diesel quatre cylindres de marques Volkswagen et Audi construits entre 2009 et 2015 sont dotés d'un dispositif de mise en échec leur permettant de contourner les normes des États-Unis en ce qui a trait à l'émission de certains polluants atmosphériques.

Les concessionnaires Volkswagen disent ne pas sentir les effets du scandale

Les concessionnaires Volkswagen de Québec et de l'Est contactés par Le Soleil disent ne pas avoir senti chez leurs clients des effets du scandale des systèmes antipollution trafiqués qui secoue présentement le constructeur automobile allemand.
«Pour nous, il n'y a rien d'alarmant. Les clients comprennent la situation qui a été assez bien expliquée», indique Pier-Luc Berthiaume, directeur des ventes chez Desjardins Volkswagen de Charlesbourg.
«De plus, ce n'est pas du tout une question de sécurité ou de santé du public, c'est une question d'ordinateur. Personne n'a été tué comme pour les 124 personnes décédées en raison des commutateurs défectueux des véhicules GM», poursuit-il.
Le grand patron de Volkswagen, Martin Winterkom, s'est dit désolé mardi pour la faute commise par le groupe, qui a équipé 11 millions de véhicules diesel d'un logiciel pour déjouer les contrôles sur les émissions polluantes.
«Volkswagen Canada a aussi dit à tous ses concessionnaires de cesser de vendre, pour le moment, les voitures équipées d'un moteur Turbocharged Direct Injection (TDI)», précise Éric Maheux, directeur général du concessionnaire Vallée Automobile de Saint-Georges de Beauce.
«À part de ça, je vous dirais qu'il n'y a pas vraiment d'effet sur nous. Les clients viennent faire un tour, ils posent des questions et comprennent que quelque chose s'en vient. Ils comprennent aussi que nos véhicules sont toujours aussi sécuritaires et qu'ils offrent toujours un aussi bon rendement», poursuit-il.
«D'ordre philosophique»
Même son de cloche du côté de Raymond Ouellet, président de Laval Volkswagen. «C'est quelque chose qui est beaucoup plus d'ordre philosophique pour le moment. Ça n'enlève rien à nos voitures ou à leur aspect sécuritaire», explique-t-il.
«De plus, nous, les distributeurs, n'avons rien à voir dans les tests antipollution. D'ailleurs, il y a mille et une façons de faire ces tests et moi, je suis un peu sceptique. Je suis persuadé que Volkswagen n'est pas seul là-dedans», poursuit-il en ajoutant qu'il y a toujours de l'intérêt pour les produits du constructeur allemand.
«Je ne crois pas que nos voitures se mettent à perdre de la valeur à cause de ça. Si quelqu'un a mal agi dans ce dossier, qu'il paie la note. C'est tout!» indique M. Ouellet en terminant.
Des recours collectifs s'organisent
Jusqu'à maintenant, le réseau de cabinets d'avocats canadiens Merchant Law Group ainsi que deux cabinets d'avocats du Québec ont déposé des demandes de recours collectif aux noms d'un consommateur de Sherbrooke, François Grondin, et d'un acheteur de Repentigny, Sylvain Juneau.
Les demandes concernent les acheteurs et les locateurs de véhicules Volkswagen et Audi munis de moteurs TDI et achetés de 2009 à 2015. Dans un cas, on réclame 5000 $ par client et dans l'autre, 10 000 $ par client et des dommages de 20 millions $.